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Le militant politique Liberto Plana, membre de la formation trotskiste Lutte Ouvrière, est décédé ce lundi 24 janvier. Âgé de 63 ans, ce fidèle à la gauche radicale avait été tête de liste aux élections municipales de Perpignan, en 2014, au nom de son parti. Sous le message “Faire entendre le camp des travailleurs”, il avait réalisé 1,01 %. En 2017, il était candidat aux élections législatives, dans la deuxième circonscription des Pyrénées-Orientales, lors desquelles il avait obtenu le résultat plus-que-symbolique de 0,15 %. L.Plana était également délégué syndical CGT conseiller prud’homal. 

Un ancien des poupées Bella

Symbole d’une gauche inaltérable et incorruptible, Liberto Plana avait souhaité rester au plus près du monde du travail de type ouvrier, en exerçant la profession d’employé de supermarché. Il avait ainsi oeuvré au sein du rayon des livres de Carrefour Claira, après avoir été manutentionnaire au marché International Saint-Charles de Perpignan, puis ouvrier de l’usine de poupées Bella, fermée en 1984. Partisan de l’interdiction stricte des licenciements, anticapitaliste en toute circonstance, il avait entamé son engagement politique en 1983, dans le contexte du tournant de la rigueur amorcé par François Mitterrand.

Sensible à l’exil des migrants en 2019

Liberto Plana, fils d’un anarchiste espagnol qui avait combattu le coup d’État du général Franco, en 1936, avait vécu en Lorraine, après l’exil de ses parents en territoire français. Fort de ce vécu, en plein crise des migrants, il déclarait en 2019 “je suis révolté de voir comment sont traités les réfugiés qui fuient les persécutions et la misère, par les dirigeants des pays riches”. Ce militant, méfiant envers le communisme traditionnel, qu’il considérait trop proche du pouvoir et des compromissions, portait un prénom caractéristique des milieux libertaires. Témoin d’un certain XXe siècle, il souhaitait que la société “soit dirigée par ceux qui produisent les richesses”.

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