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Le maître d’oeuvre de la transition politique espagnole, Adolfo Suárez, est décédé ce dimanche 23 mars à Madrid, à l’âge de 81 ans. Ancien chef du gouvernement espagnol lors de la période consécutive à la mort du général Franco, de 1976 à 1981, il était hospitalisé depuis lundi 17 mars, mais, atteint de la maladie d’Alzheimer depuis plus d’une dizaine d’années, il avait perdu le souvenir de son parcours et de sa propre personnalité, bien qu’étant un personnage central de l’Espagne du XXe siècle. Considéré comme le père de la démocratie espagnole, symbole de l’entente et de la réconciliation entre deux fractions sociales divisées par la Guerre d’Espagne survenue de 1936 à 1939, Adolfo Suárez, affichait néanmoins un parcours franquiste au sein de la haute administration de l’Etat. Directeur général de la radio-télévision publique de 1969 à 1973, il avait été promu, à la mort du dictateur, secrétaire général de l’appareil d’Etat baptisé « Movimiento ». A 43 ans, il avait accepté la demande surprenante du roi Juan Carlos I de former un gouvernement visant à démanteler les structures franquistes.

Des funérailles nationales en présence de la gauche

La mort d’Aldolfo Suárez, qui suscite des réactions variées de la classe politique espagnole, fait l’objet de trois jours de deuil, selon un décret royal publié ce même dimanche. Une chapelle ardente est installée au Congrès espagnol et des obsèques nationales, le 31 mars, seront suivies d’un enterrement dans le cloître de la cathédrale de la ville d’origine, Ávila, située dans la province de Castille-et-León. Après une existence singulière, celui qui a accompagné la vieille Espagne vers des temps plus modernes trouvera ainsi une conclusion tout aussi particulière. La cérémonie comportera la présence des rois, de l’actuel président du gouvernement, Mariano Rajoy et de ses prédécesseur, José María Aznar, membre comme lui du Parti Popular, mais aussi des socialistes José Luis Rodríguez Zapatero et Felipe González.