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La mise au jour, le 13 octobre, de la responsabilité présumée du Picard Jacques Rançon dans le viol et le meurtre de l’une des disparues de la gare de Perpignan, atténue les douleurs. Son identification par l’ADN retrouvé sur une chaussure de Mokhtaria Chaïb est le fruit de 17 années de patience. Cette révélation a justifié une conférence de presse du procureur de Perpignan, Achille Kiriakides, et de Me Etienne Nicolau, avocat des familles des victimes. La police judiciaire de Perpignan n’a jamais lâché prise sur l’affaire et a fait oeuvre d’humilité, en sacrifiant la communication au prix de la réussite. Mais autour de l’individu au lourd passé de délinquant sexuel, des questions affleurent sur les failles du système.

Des incarcérations écourtées

Jacques Rançon, homme violent et dépressif, issu d’une famille nombreuse et dans le besoin, présente une existence chaotique. Il a souhaité se reconstruire incognito en Pays Catalan, à 1000 km de son village de Hailles. Incarcéré depuis 1992, condamné en 1994 à huit ans de prison pour le viol de son ex-femme sous la menace d’une arme blanche, il a été libéré en 1997, pour une raison inexpliquée. Son retour à l’air libre a occasionné l’atrocité perpignaise, quelques semaines plus tard, puis il est redevenu père par deux fois. Il a fait partie de la centaine de suspects entendus dans l’affaire des disparues de la gare, en 1999, mais a nié toute implication. La science a fini par servir la justice, au travers du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). A son lancement, en 1998, cette grande bibliothèque ne contenait que quelques centaines de profils de personnes, contre plus de 2,5 millions actuellement. Jacques Rançon, incarcéré une nouvelle fois en octobre 2013 suite à des menaces proférées envers sa compagne perpignanaise, a retrouvé la liberté en juillet dernier, en bénéficiant nouvellement d’un séjour carcéral écourté, cette fois-ci de trois mois.

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