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Quinze après la première ébauche, puis la recherche de financements et trois ans de travaux, le Mémorial de Rivesaltes est inauguré ce vendredi 16 octobre. Le ruban est coupé par le Premier ministre, Manuel Valls, accompagné de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, del’Enseignement supérieur et de la Recherche, Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d’État chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire et Ségolène Neuville, Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion. Plus d’une centaine d’élus du Pays Catalan est attendue, pour cet événement qui débute à 14h15 par un dépôt de gerbe, par le Premier ministre, sur les quatre stèles commémoratives du camp.

Par de Harkis invités

Le protocole de l’événement déplaît à la fédération «France Harkis», dont le président, Mohamed Bellebou, nous signale son amertume envers M. Valls : «tous nos anciens (…) s’attendaient à être invités, honorés, reconnus dans leur statut de victimes. Non, vous en avez décidé autrement, les laissant une nouvelle fois en marge d’une société qui ne les a pas reconnus». Membre du Front National, conseiller municipal de Perpignan et conseiller communautaire de l’Agglomération Perpignan Méditerranée, M. Bellebou estime que la République préfère «mettre à l’honneur ceux qui ont participé» au «génocide» harki et affirme «vous faites de la politique africaine sans la présence des Africains : cela s’appelle du racisme !».

Haro environnemental contre l’architecte Riccioti

Au registre écologique, la Fédération pour les Espaces Naturels et l’Environnement des Pyrénées-Orientales (FRENE 66) nous communique sa prise de position. Elle lance directement la formule «L’architecte Riccioti se fout du monde», en référence au créateur des lieux. Frene 66 souligne l’importance de l’écosystème du site et les «destructions engendrées par l’immeuble-musée». Le camp militaire du Maréchal Joffre est en effet classé en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique (ZNIEFF) et abrite de nombreuses espèces protégées parmi lesquelles 22 espèces d’oiseaux dont la Cochevis de Thékla, ou encore deux espèces de mammifères dont le hérisson d’Europe et 9 espèces de reptiles. Le Lézard ocellé, menacé à l’échelle européenne, y vit également. Alors que l’architecte déclare «J’ai choisi d’affronter la violence cachée de ce lieu», les environnementalistes jugent que l’auteur a «choisi d’exercer une nouvelle violence en y détruisant la vie paisible et naturelle du monde animal et végétal qui s’y trouvait».

Manifestation de la gauche de la gauche

Au plan politique, le Nouveau Parti Anticapitaliste des Pyrénées-Orientales (PNA66) proteste. Il organise un rassemblement contre la visite du Premier ministre, aux côtés du Parti Communiste, du Parti de Gauche, de la CGT et de la FSU. Le but est de réprouver le «traitement réservé aux cinq salariés
d’Air France»
, invités à comparaître devant le Tribunal correctionnel le 2 décembre, après les événements du 5 octobre. La visite ministérielle occasionne un rassemblement à midi, au Pied du Castillet, à Perpignan, à 10 km de Camp de Rivesaltes, plus de deux heures avant l’arrivée de M. Valls.

Journée de découverte du Mémorial

L’ouverture au public du Mémorial est prévue mercredi 21 octobre, mais 8 heures de visite préférentielle sont programmées dès dimanche 18 octobre. Des visites gratuites seront organisées toutes les heures de 10h à 17h, uniquement sur réservation auprès de la Maison de la Région du Languedoc-Roussillon à Perpignan. Le projet du Mémorial, initié en 1998 par Christian Bourquin, président du Conseil général des Pyrénées-Orientales, a représenté coût de près de 23 millions d’euros, fournis par la Région à 55%, le Département des Pyrénées-Orientales à 30% et l’Etat, à hauteur de 15%.