Langue

La volonté de François Hollande d’offrir un statut légal aux langues régionales de France, révélée le 4 juin, a provoqué le même jour la réaction de Jean-Luc Mélenchon. La figure du Parti de Gauche désapprouve le projet de ratification, par la République française, de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Selon le député européen, le chef de l’Etat va «organiser l’inégalité entre Français selon la langue qu’ils choisissent de parler». Il s’agirait d’un «communautarisme linguistique» opposé à «l’identité républicaine du pays». Jean-Luc Mélenchon s’oppose «absolument» à la démarche engagée, à l’égal du Front National. Le parti d’extrême droite en atteste dans un document interne de sa vice-présidence à la Stratégie et à la Communication tenue par Florian Philippot. Dans sa version du 29 janvier 2014, que nous avions archivée à l’époque, ce memento évoque une «monstruosité juridique (…) s’attaquant directement à l’un des fondements les plus important de notre pays : l’unicité du peuple». Le FN reconnaît que les langues régionales sont «constitutives de notre identité et de notre culture», mais leur extirper de leur absence de statut légal «permettra à des groupes ethnicistes et sécessionistes d’utiliser le prétexte de la langue à des fins politiques».

Le catalan ou le basque, au nom de la République

Dans les Pyrénées-Orientales, le FN garde le silence sur le sujet. De son côté, le Mouvement des Jeunes Socialistes nous a communiqué sa position, mercredi 10 juin. «Cette ratification permettrait comme dans les autres pays européens de reconnaître et de faire perdurer la diversité culturelle et linguistique de notre République. (…) La reconnaissance de notre langue catalane et la défense de sa pratique est le plus sûr moyen de favoriser l’égalité et de préserver l’unité nationale à travers la pluralité des visages qui forment la République». Le MJS 66 emploie des arguments parfaitement inverses à ceux de M. Mélenchon. Au Parti Communiste, le soutien est différent, car la ratification permettrait de contrer «l’uniformisation mondialisée de la langue de la finance». Mais des nuances existent, car son secrétaire fédéral dans les Pyrénées-Orientales, Nicolas Garcia, lançait «enfin !», le 6 juin. Il avouait «je ne partage pas, avec mon ami Jean-Luc Mélenchon, l’idée que cela soit mortifère pour la République et que cela remette en cause son caractère égalitaire».

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