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Marion Maréchal-Le Pen, la réserve de l’extrême droite française
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Jean-Marie Le Pen, principale figure de l’extrême droite européenne de la jonction entre les deux siècles, voit lui succéder non pas une, mais déjà deux générations. Âgée de 46 ans, sa deuxième fille, Marine Le Pen, élue présidente du Front National (FN) en janvier 2011, est déjà talonnée sur le terrain médiatique par sa propre nièce, Marion Maréchal-Le Pen, bientôt 25 ans. Petite-fille du fondateur du FN, entrée progressivement en politique depuis 2009, celle-ci est devenue par son élection dans la Vaucluse, en 2012, la plus jeune députée de l’histoire de la République française. Le congrès du parti, organisé ce week-end à Lyon, pourrait voir la benjamine arriver en tête de l’élection au comité central, préalablement à une prise de responsabilités dans l’appareil.

L’extrême saute une génération

A égalité en matière de marque nominative, les deux féminines Le Pen divergent. Marine Le Pen a évité la « Manif pour tous » de 2013, contre le mariage homosexuel. La poussée de sa base l’a contrainte de déclarer « moi au pouvoir, j’abolirai le mariage pour tous ». A l’inverse, Marion Maréchal-Le Pen a participé sans réserve au mouvement et multiplié les déclarations hostiles à l’union homosexuelle. Elle défend la droite de la droite, sa tante davantage l’alternative antisystème. Plus féminine et plus douce, intérieurement plus dure, la nièce prône une forme de libéralisme éloigné de l’Etatisme qui permet au parti d’agréger les restes marxistes. Elle renoue avec le traditionalisme de son grand-père, âgé de 86 ans, et affiche plus son appartenance catholique. L’aïeul regrette la dédiabolisation du FN et constate que les valeurs sautent une génération.

Marion Maréchal Le Pen, BFMTV, 18 novembre 2014