Langue

La dissuasion des manifestations d’opposants à la tauromachie, aussi récurrentes que les corridas, est devenue la règle en Pays Catalan. Après la Ville de Céret, qui décourageait les anti-corrida à s’exprimer, le mois dernier, en proscrivant toute mobilisation à moins de 900 mètres des arènes, la Ville de Millas est entrée dans le bal. Comme elle l’avait fait en 2010 en inaugurant cette méthode, la mairie de la commune a interdit tout rassemblement à moins de 500 mètres du théâtre de ses corridas, organisées à l’occasion de sa féria. Mais à l’occasion des fêtes de Saint-Vincent de Collioure, les autorités municipales de cette dernière commune suivent la tendance, en prenant un arrêté qui repousse les esprits critiques à 500 m du centre du village. Cette décision est appliquée en vertu de l’organisation d’une novillada, intitulée « 7ème trophée de l’anchois« , attendue ce mardi 16 août à 18h. Elle est dénoncée par le Front des Luttes pour l’Abolition des Corridas (FLAC66), qui déclarait dimanche « N’avons-nous pas le droit d’avoir une opinion différente de celle de la Mairie ? ». Le texte municipal invoque des raisons de sécurité, en raison de la « forte affluence » à Collioure, et désignent les opposants comme « ceux qui ne partagent pas les mêmes idées ». La municipalité dirigée par l’ex-socialiste Michel Moly assume ainsi des raisons politiques, dans une étonnante interprétation qui place la passion, ou le rejet de la corrida, au plan des idées. Pour le FLAC 66, il s’agit d’un « déni de démocratie », d’autant que le collectif assure avoir réuni plus de 1000 signatures de personnes réticentes à la tauromachie, en deux jours, à Collioure. Selon l’association, une pétition sur le même thème, présentée dans l’ensemble du Pays Catalan, a attiré 24.000 soutiens.

Partager

Icona de pantalla completa