Langue

Ce mardi, la langue catalane a pu être entendue pour la première fois de l’histoire démocratique espagnole, Sénat de Madrid. La chambre a pu écouter une motion sur le thème de l’éducation présentée par le sénateur Ramon Aleu, membre de l’Entente Catalane de Progrès, à dominante socialiste. La catalan, langue officielle en Espagne, n’avait jamais été utilisé lors de débats de contrôle du Gouvernement, en l’occurrence celui de José Luis Rodríguez Zapatero, pas plus qu’à l’occasion de débats législatifs. Cette présence de la langue catalane est été rendue possible par une réforme du règlement, approuvée en 2010, avec le soutien de l’ensemble des groupes politiques, en dehors du Partido Popular (PP), qui appartient à la droite conservatrice espagnole, et de l’Union du Peuple de Navarre (UPN). Les opposants à cette mesure en critiquent logiquement le coût, de 12.000 euros, affectés à la traduction simultanée lors de chaque séance, tandis que ses usagers évoquent un « droit qui n’a pas de prix ». L’intervention de l’élu catalan a été cependant suivie d’applaudissements, non limités aux seuls élus catalans. Dans les strates de l’État espagnol, le catalan et les autres langues officielles en Espagne, c’est à dire le basque et le galicien, étaient utilisées jusqu’à présent au sein de la commission des « communautés autonomes », correspondant aux 17 régions décentralisées. A l’issue de la session historique de ce mardi, le président du PP, Mariano Rajoy, a rejeté l’usage des langues officielles lors des assemblées plénières du Sénat, néanmoins en marche, en justifiant « Cela ne se produirait pas dans un pays normal ». Le catalan a également été employé par le sénateur Pere Torres, élu des Îles Baléares, et Ramon Alturo, membre de la formation politique majoritaire en Catalogne, Convergence et Union.

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