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La fabuleuse découverte d’une dent de 550.000 ans, le 27 juillet dans la Caune de l’Arago de Tautavel, est une avancée scientifique de premier ordre pour l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD. En effet, le campus du Roussillon a pris sous son aile le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel en mai 2014. Cet atout archéologique majeur gagne en intérêt international, car la dent est l’un des plus vieux fossiles humains découverts en Europe. La grotte, révélée en 1964, retrouve sa puissance scientifique liée au crâne de l’Homme de Tautavel découvert en 1971. Depuis, le plus vieil Européen a été « rajeuni » par d’autres, antérieurs, débusqués ailleurs. La dent miracle, une incisive 100.000 ans plus ancienne que le crâne, appartenait à un sujet de 30 à 35 ans. Elle est le 149e élément humain et le plus précieux découvert à Tautavel. Christian Perronoud, géo-archéologue à Tautavel, livre son espoir à Marie-Thérèse Torrès : «grâce à des carottages effectués sur le site nous avons la preuve d’occupations humaines jusqu’à 750.000 ans». Depuis l’origine, 11 mètres de profondeur ont été fouillés dans la célèbre caune, mais 7 mètres restent encore à être passés au crible.

Une avancée pour l’exploration génétique

Au delà du record européen, la dent mise au jour est un indicateur supplémentaire des conditions de vie, des pollens et de la sédimentation connus par nos ancêtres. Gaël Becam, doctorant de l’UPVD guidé par la directrice du centre de Tautavel, Sophie Grégoire, étudie l’évolution de la dentition entre l’Homme moderne et le Néandertalien; Il décrit la méthode, selon laquelle la technologie avancée à rayons X permet de construire un «modèle 3D des fossiles et de l’anatomie cachée». Le but est de «vraiment comparer les dents» et de mieux maîtriser l’évolution et les «caractéristiques génétiques des individus».