Langue

Le “Mémorial Démocratique” de la Generalitat de Catalogne rend publique une étude qui contient les noms et lieux de décès, en territoire français, de 1865 républicains espagnols. Ces militants, pour la plupart sud-catalans ont trouvé la mort dans les camps de concentration du Roussillon, certains à l’hôpital de Perpignan, d’autres à Prats-de-Mollo, Cerbère ou Port-Vendres, entre 1939 et 1940. Tous fuyaient le régime totalitaire instauré par le général Franco. 42,3% étaient catalans, 11% étaient aragonais, 10,1% étaient andalous, 6,5% étaient valenciens et 6,5% étaient madrilènes. Le destin réservé à leurs dépouilles suscite des interrogations.

Des noms issus du Journal Officiel espagnol

82 ans depuis la fin de la guerre d’Espagne (1936-1939), le nombre de personnes décédées reste approximatif, mais les données s’affinent avec le temps et les dernières avancées documentaires, dont fait partie la liste des 1685 morts en Catalogne du Nord. Ce document indique les noms, prénoms, âges et lieux de décès des victimes. Il contient parfois leurs lieux de naissance. Parmi les lieux de provenance immédiate, les camps d’Argelès, du Boulou, de Saint-Cyprien et Agde sont cités.

Cette liste de morts est le fruit des recherches, encore en cours, des historiens Jordi Oliva, Martí Picas et Noemí Riudor. Sa production a été rendue possible après consultation du “Bulletin Officiel de l’État” espagnol (Journal Officiel) du 12 mars 1940. Dans cette publication, le ministère espagnol des Affaires étrangères dresse la liste, qu’il a obtenue auprès du consul d’Espagne à Perpignan, lui-même informé par les responsables des camps et les directions d’hôpitaux. Ces données ont été croisées avec un long article du quotidien barcelonais La Vanguardia, contenant les noms de réfugiés qui n’avaient pas survécu à leurs blessures et leurs maladies, publié dès février 1940.

Une fosse contenant 800 personnes à Perpignan

Les trois historiens s’accordent à penser qu’il existe à Perpignan une “grande fosse” rassemblant les dépouilles d’entre 800 et 900 exilés espagnols et sud-catalans. L’implantation de ce charnier est actuellement inconnue, mais cette information est déterminante pour l‘Histoire de la guerre civile espagnole, l’Histoire de France et l’Histoire de Catalogne. Elle contient tous les ingrédients pour faire l’effet d’une bombe.

Consultez ici le document complet contenant les 1685 noms et les lieux de décès (111 pages en format PDF)

Partager