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Trois hommes ont été arrêtés par la gendarmerie, en Pays Catalan et à Montpellier, puis placés en garde à vue ce jeudi 7 avril dans le cadre de l’enquête relative à  l’incendie qui avait provoqué la mort de huit personnes, dans la nuit du 13 au 14 février à Saint-Laurent-de-la-Salanque. Ils sont tous entendus à la section de recherches de la gendarmerie de Montpellier. Cette information dévoilée par Jean-David Cavaillé, procureur de la République de Perpignan, intervient dans le sillage d’une enquête ouverte pour “incendie volontaire ayant entraîné la mort”. Près de deux mois après les faits, la piste criminelle devient implicitement évidente. Cette orientation était émise sous forme de forte présomption par plusieurs sources proches de l’enquête, dès le 14 février, mais sa confirmation ne pouvait être formalisée en vertu d’un principe général de prudence.

Un commerçant de 43 ans et deux vingtenaires

Les motivations de cette destruction par incendie, qui a provoqué colère et incompréhension, restent un mystère. Pour l’heure, les personnes placées entre les mains de la police judiciaire, considérés comme suspectes, doivent répondre de “dégradations par incendie ayant entraîné la mort et des blessures”. De nationalité tuinisenne, l’épicier du rez-de-chaussée de l’immeuble où la déflagration initiale s’est produite, âgé de 43 ans, fait partie des individus interpellés. Les deux autres suspects, de nationalité ou d’origine algérienne, sont âgés d’une vingtaine d’années. A ce stade, les éventuels rôles de chacun ne sont pas encore connus. L’un des deux derniers hommes a été libéré ce vendredi 8 janvier, tandis qu’un quatrième, de la même nationalité que le commerçant, était placé en garde à vue.

Explosion de bouteilles de gaz ?

Cet incendie, qui a notamment ôté la vie à un bébé et un enfant de 2 ans, a fait quatre blessés, dont une personne qui a sauté d’un deuxième étage afin de sauver sa vie en échappant aux flammes, tandis qu’une trentaine de personnes ont été intoxiquées par les fumées.
De multiples interrogations subsistent autour du drame : son origine est-elle due à l’explosion de bouteilles de gaz se trouvant dans la rue ou dans l’épicerie du rez-de-chaussée, selon plusieurs témoignages oculaires ? Le feu a-t-il démarré dans ce local commercial ou à l’intérieur d’un appartement ? Le résultat des analyses techniques et chimiques, communiqué ce samedi 9 avril ou ce lundi 11 avril par le procureur, doit permettre d’éclaircir une partie de l’affaire en cours. La possible implication des suspects, leurs intentions et le mode opératoire, une fois connus, seraient à même de provoquer un effroi supplémentaire, après la douleur et la sidération suscitées par cette tragédie hivernale, qui a désormais sa page Wikipédia.

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