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En 2007, un rapport officiel présenté aux Cortes espagnoles estimait à 400.000 le nombre de prostituées en territoire espagnol. Cette étude indiquait 95% d’étrangères, pour 15 millions de clients. Dans ce domaine licencieux, situé entre légalité et illégalité, les statistiques poussaient le détail jusqu’à estimer à 100 euros le budget moyen alloué à la sollicitation de services sexuels chez les individus concernés. Ces données obtenues auprès de la Guardia civil sont complétés par un nouvel état des lieux. Le 21 avril dernier, l’agence Europa Press publiait une «Radiographie de la prostitution en Espagne», selon laquelle «80% de ceux qui exercent la prostitution le font contre leur volonté». Ces personnes sont davantage contraintes par les difficultés économiques que par des proxénètes. Actuellement, la plupart des prostituées en Espagne restent étrangères, souvent en situation irrégulière. Mais le directeur du Centre d’Intelligence des Analyses de Risques de la police nationale espagnole, José Nieto, révèle que 16.000 personnes sont en «zone de risque», c’est-à-dire soumises à une condition non choisie. Près du Roussillon, cette situation a été éclaté en 2013 au Club Dallas, situé à Capmany, en continuité de La Jonquera.

Les professionnelles défendent leurs droits

En Espagne, où l’évocation journalistique de la prostitution est moins embarrassante qu’en France, les profils d’individus ayant choisi d’offrir des services sexuels sans contraintes extérieures sont organisés. Le collectif Hetaira donne de la voix par sa représentante, Mamen Priz, inquiète pour ses collègues. Cette syndicaliste insiste à connaître la «situation réelle», pour agir envers les pouvoirs publics.

1500 bordels, 3,78 milliard de chiffre d’affaires

Selon l’étude, l’Espagne compte 1500 «clubs» dévolus à la prostitution, chacun comportant 10 à 15 personnes. Ces lieux situés en bord de route, selon le cliché en vigueur à Perpignan, sont aussi des bordels urbains, indétectables par les visiteurs à Girona, Barcelone ou Zamora. Il faut y ajouter les « rues et appartements», selon Europa Press, qui estime le chiffre d’affaires global de la prostitution espagnole à 3,78 milliards d’euros en 2010, soit 0,35% du PIB. Parmi les dernières tendances lourdes, la clientèle se rajeunit, en rompant avec l’image de l’homme aisé, cravaté et relativement âgé. La moyenne d’âge tourne désormais autour de 19 ou 20 ans.

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