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Le débat sud-catalan sur la corrida, avec la participation d’élus français, comporte une irrégularité de taille, révélée cette semaine seulement. Dans le cadre d’une « initiative populaire », qui a attiré 180.000 signatures, le Parlement de Catalogne s’est opposé à la tauromachie, à 67 voix contre 59, le 18 décembre 2009. Dans une deuxième étape, les 4 et 5 mars, 15 abolitionnistes se sont exprimés face à l’assemblée, suivis de 15 pro-corrida, dont le président du Conseil Général des Pyrénées-Orientales, Christian Bourquin, en appui d’une liste de 140 élus français adressée au Parlement catalan fin décembre 2009. Cette liste, épluchée par la Fédération de liaisons anti corrida françaises (FLAC), comporte le nom de M. Bourquin, celui du maire de Collioure, Michel Moly, au milieu d’une écrasante majorité de maires languedociens. Mais elle comporte surtout le nom du député-maire UMP du Soler, François Calvet, opposé à la pratique tauromachique, aux côtés des autres députés Cugnenc, Lemoine et Charrie, respectivement décédés en 2007 pour les deux premiers et en 2009 pour le dernier, ou encore sept doublons d’élus. Cette révélation, une « bombe », selon la FLAC, soulève l’utilisation de la frontière France-Espagne en tant que barrière à l’information.