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Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castañer, a signé mardi 13 novembre une circulaire « renforçant les échanges entre les préfets et les maires en matière de radicalisation ». Ce texte lie les préfets et les maires, au nombre de 226 dans les Pyrénées-Orientales, où cette avancée dans la lutte contre la menace terroriste islamiste concerne 60 individus, contre 19 000 dans l’ensemble de la France. Le préfet du territoire, Philippe Chopin, dispose de la liste de ces personnes, dont 74% sont de sexe masculin en France. En Pays Catalan, les intéressés vivent majoritairement dans la région du Roussillon, tandis que les autres zones géographiques du territoire, comme le Vallespir, le Conflent ou le Fenouillèdes, comptent une moindre présence.

Risque de suspicion

La circulaire ministérielle refuse la demande de certains maires de France qui souhaitaient disposer de la liste de leurs administrés fichés S, car une « diffusion large de ces informations serait susceptible de compromettre les investigations », assure le ministère. Cependant, dans une forme de contradiction, les préfets pourront communiquer des informations nominatives, confidentiels, aux maires qui signeront une charte de confidentialité. Les 36 maires de la Métropole Perpignan Méditerranée, qui inclut Perpignan, Canet-en-Roussillon ou encore Pollestres et Saleilles, pourront ainsi savoir. Selon l’Etat, les éventuels signalements d’individus seront destinés à entreprendre une prise en charge sociale des personnes en voie de radicalisation musulmane. Le risque de suspicion contenu dans ce procédé est réel, d’autant plus que le ministre souhaite que les préfets sensibilisent les maires sur le profil de certains de leurs employés communaux, sur l’attribution de subventions à certaines associations, la mise à disposition de salles municipales et certains commerces.

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