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Pour la première fois, la question du mariage entre personnes du même sexe fait l’objet d’une consultation des 226 maires des Pyrénées-Orientales. Cette démarche, entreprise en 2012 par l’association perpignanaise Lesbiennes Gay Bisexuels Transsexuels (LGBT 66), révèle que seuls 39 édiles, soit 17 % du total, avaient, au 1er janvier 2013, répondu à la question adressée par courrier : “Célébrerez-vous le mariage pour les personnes de même sexe une fois la loi promulguée ?”. Etrangement, toutes les réponses reçues par l’association, qui se veut éloignée de “toute récupération politique” et souhaite établir une photographie réelle des maires en accord avec ce projet de loi, sont positives. La tentation est forte d’affirmer que les 187 autres maires ont préféré s’abstenir, pour éviter, quelle que soit leur position, un désagrément auprès de certains de leurs administrés.

Les 39 maires engagés à respecter la loi sont notamment socialistes ou communistes, à l’instar d’Alexandre Raynal, maire d’Amélie-les-bains-Palalda, Jean Vila, maire de Cabestany, ou Damienne Beffara, mairesse de Millas, ainsi que Charles Chivillo, premier magistrat de Maury. Ils sont aussi classés à droite, entre autres à l’UMP, à l’exemple de François Calvet et Pierre Roig, maires du Soler et de Sainte-Marie-la-mer, ou Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan, néanmoins présent à la “Manif pour tous”, organisée le 13 janvier à Paris en opposition au projet du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Silence des maires socialistes opposés au projet de loi

La discrétion est évidente, parmi les élus de proximité du Pays Catalan, autour du mariage homosexuel, les questions sociétales étant rarement soumises en direct à l’appréciation de maires qui obéissent davantage à la ligne de leurs partis. Sur ce sujet précis, le réflexe trouve sa logique à l’UMP et semble déranger nombre de maires socialistes, vraisemblablement forcés à défendre une opinion qu’ils n’approuvent pas. Ce positionnement délicat est également visible sur d’autres thèmes, comme la corrida, le libéralisme, les langues régionales et probablement l’euthanasie dans les prochains mois. Pour LBGT 66, les réponses reçues ont été effectuées “du bout des lèvres pour certains » maires, mais de façon « beaucoup plus marquée, voire engagée pour d’autres”. Le faible taux de réactions rassemble cependant 46,6% de la population des Pyrénées-Orientales, parmi lesquels les candidats “pourront se marier simplement, sans peur ni crainte particulières de potentielles réactions à caractère homophobe”.

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