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L’historiographie du Mémorial de Rivesaltes déplaît à une partie des communautés qui y sont représentées. Hocine Louanchi, Harki interné dans ce site lors de son adolescence, s’insurge contre l’interprétation de la fameuse date du 19 mars 1962 qu’i y est effectuée. « Le 19 mars n’est pas la date de la fin de la guerre d’Algérie, c’est celle du début de notre cauchemar », affirme ce retraité de 62 ans, qui n’a rien oublié. Autour de cette revendication récurrente, un rassemblement est convoqué le 19 mars 2016 face au Mémorial. Hocine Louanchi, coordinateur du Rassemblement militant de la cause harkie, espère une « reconnaissance » et une « loi de réparation » envers ceux qui restent des mal compris voire des mal-aimés de la République. Il nous précise «je ne veux pas que notre Histoire soit déformée » et souhaite agir pour «l’honneur de nos parents».

Faire pression sur le Président de la République

Pour les membres de la communauté harkie, l’enjeu politique actuel est d’obtenir de François Hollande le respect de sa promesse électorale du 5 avril 2012 : « Si le Peuple Français m’accorde sa confiance, je m’engage à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des Harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées de nuit dans des Camps en France».

En octobre 2015, le Camp de Rivesaltes a vécu une inauguration polémique, car la fédération France Harkis a critiqué l’absence de représentants harkis. Son président, Mohamed Bellebou, élus du Front National à Perpignan, nous signalait «tous nos anciens (…) s’attendaient à être invités, honorés, reconnus dans leur statut de victimes. Non, vous en avez décidé autrement, les laissant une nouvelle fois en marge d’une société qui ne les a pas reconnus».

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