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En janvier 2011 était révélée au public une vision nouvelle des camps de concentration du Roussillon, à l’occasion d’une exposition présentée au Musée Mémoriel de l’Exil (MUME) de La Jonquera. A l’issue d’un travail de recherche développé par le critique d’art Eric Forcada, une série d’oeuvres du peintre Josep Subirats, né à Barcelone en 1914, dévoilait un univers masqué par la discrétion honteuse propre aux heures sombres entourant la seconde guerre mondiale. A compter du 23 juin 2012, cette rétrospective se rapprochera de ses lieux de production en gagnant le Musée Terrus de la Ville d’Elne. L’intitulé en est « Josep Subirats, périple d’un artiste : du front aux camps de concentration et des bataillons disciplinaires aux baraquements miséreux de la Barcelone d’après-Guerre (1936-1941). A l’instar de « La guerre en couleurs« , qui rend plus réaliste le second conflit mondial auprès des jeunes générations, l’intérêt de cette sélection repose hautement sur ce même principe chromatique. Les « camps », présents dès 1939 à Perpignan, au Barcarès, à Saint-Cyprien et Argelès, pour certains visibles sous le trait de l’artiste, atteignent dans la douleur le statut d’inspirateurs d’art.

Des camps sur les plages et au futur Lycée Lurçat de Perpignan

Cruellement, les politiques touristiques lancées 20 ans plus tard sur le littoral des Pyrénées-Orientales ont suscité des cartes postales ensoleillées voire dénudées, parfois croquées strictement au même endroit où s’illustrait peu avant un panorama concentrationnaire déguenillé. Dans d’autres cas, des milliers de jeunes passés par le Lycée Jean Lurçat de Perpignan n’ont été avisés de la préexistence d’un camp sur le site de cet établissement. Au fil de l’année 2011, cette exposition est également passée par le Musée d’Histoire de Catalogne, à Barcelone, puis par La Poudrière de Perpignan. L’oeuvre intégrale de Josep Subirats, développée de 1927 à 1994, fait l’objet d’un ouvrage, signé Eric Forcada, paru en 2010 aux éditions Mare Nostrum.

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