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La surprenante vague de campements à caractère social apparue en Espagne depuis le début de cette semaine est en croissance depuis ce vendredi. Près de 8000 personnes, selon la police municipale de Barcelone, 20.000 selon les organisateurs, ont participé à une « cassolada » d’1h30, lors de laquelle des ustensiles de cuisine, longuement percutés, ont provoqué une vacarme remarqué. Cette initiative a permis d’avertir à nouveau les décideurs politiques et économiques de l’inquiétude ressentie par une partie de la jeunesse, mais aussi par des familles entières, qui ont y ont pris part. Cette mobilisation, à caractère pacifique, s’était étendue jeudi aux villes de Girona et Lleida. Dans la province de Girona, elle atteint désormais des villes moyennes, voire petites, commes Figueres, Olot et Ripoll, où elles ont rassemblé quelque 500 ce samedi.

À Barcelone, où le campement principal es situé Place de Catalogne, ce samedi a été consacré à la réflexion et à l’ébauche de stratégies futures. Cette journée a occasionné un afflux de citoyens considérable, tandis que le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, déclarait, sur un ton légèrement critique face à ce mouvement spontané, que que les jeunes mobilisés pourront obtenir des améliorations sociales uniquement « en travaillant et en votant ». Mais dans les faits, bien qu’interdite depuis jeudi par la Commission électorale espagnole, la mobilisation a pris une telle envergure que la police catalane, les Mossos d’Esquadra, ainsi que les polices municipales, n’osent pas intervenir, et ont même communiqué qu’elle n’interviendraient pas, d’autant plus que les incidents à déplorer restent extrêmement mineurs.

Le mouvement de ceux « indignés » de l’État espagnol s’inspire directement du manifeste « Indignez-vous », publié en octobre dernier par le résistant français Stéphane Hessel. Cet ouvrage, dans lequel est suggérée une « insurrection pacifique » face aux injustices, afin d’envoyer des signaux au pouvoir, a figuré parmi les plus vendues, en version catalane et espagnole, lors de la fête littéraire de la Sant Jordi, organisée le 23 avril en Catalogne du Sud.

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