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La mobilisation permanente des antivax, vaccino-sceptiques et anti-pass sanitaire ne faiblit pas à Perpignan Sud. Ce mercredi 22 décembre, une vingtaine de membres ont brandi les portraits de vaccinés français, suppléments décédés après inoculation du traitement vaccinal. “Savez-vous qu’il y a de nombreuses victimes du vaccin ? Réveillez-vous !” , indiquait une pancarte tenue par une manifestante.

A l’origine, cette mobilisation en place depuis plusieurs semaines au niveau du rond-point de l’Ordre des Palmes Académiques, en lisière du quartier du Moulin à Vent, était le fait de personnels soignants. Ces agents du secteur de la santé publique hospitalière en Pays Catalan ont perdu leur emploi en raison d’un non-respect de l’obligation vaccinale. Ils font les frais de la mesure de suspension opérée par leurs établissements, autorisés en ce sens par le gouvernement, le 16 octobre. Ces soignants opposés au vaccin contre le Covid étaient épaulés par des membres de leurs familles afin d’assurer une présence aux principales heures de la journée. Un véhicule et des banderoles, façon CGT, ont caractérisé cette action permanente. Depuis plusieurs jours, ces réfractaires à l’injection sont rejoints par des opposants non soignants. L’ensemble organise aussi des séances de tractage en centre-ville de Perpignan.

Organisés sur le réseau social Telegram

La défense de la liberté individuelle, la crainte de produits provoquant la mort de la personne inoculée ou induisant des effets secondaires à long terme sont les arguments et raisons justifiant cette manifestation permanente visant à interpeller le public. Les messages du groupe sont repris et amplifiés par “Perpignan pour la liberté », groupe actif sur le réseau social Telegram. Des prises de position y sont relayées, dont certaines sont typiques des antivax. L’une d’elles affirme que le vaccin produit un champ magnétique dans le corps, une autre met en cause le don du sang par des personnes vaccinées, une dernière met en doute les statistiques officiellement.

Proches des écologistes et de l’extrême droite

Actuellement, 10,6% de personnes éligibles à la vaccination, donc âgées de 12 ans et plus, n’ont reçu aucune dose dans l’Hexagone, selon Santé publique France. Cette proportion  s’élève à 13,8 % chez les trentenaires. Il ne s’agit pas uniquement d’antivax, mais aussi de citoyens qui refusent le vaccin. La distinction entre les deux catégories est difficile à effectuer, car leurs discours sont proches. En matière politique, les personnes réfractaires à tout traitement sont globalement proches de deux pôles politiques différents, que sont l’écologie et l’extrême droite, selon la géographe de la santé Lucie Guimier.