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Le panorama religieux des Pyrénées-Orientales, illustré par trois lieux de culte bouddhistes pour 22 salles de prière musulmanes et 6 salles du royaume de Jéhovah, voit également se développer l’Eglise évangéliste. Cette doctrine rattachée au protestantisme a su conquérir la majeure partie de la population gitane de Perpignan depuis les années 1980, avant de s’étendre dans le territoire, où l’on dénombre actuellement 19 salles dédiées. Parmi 14 adresses à Perpignan, la principale, voisine du siège du quotidien L’Indépendant, boulevard des Pyrénées, fait partie de la Fédération Nationale des Églises et Œuvres des Assemblées de Dieu de France (FNADF), qui revendique un « réveil spirituel » et se déclare fondée « uniquement sur la Bible ». Ces « églises évangéliques tziganes », selon la terminologie officielle, présentent un modèle de société conservateur, voire traditionnaliste, conjugué à des offices plus participatifs et animés que les messes catholiques.

Plus séduisants que l’Eglise catholique

Les lieux de culte évangélistes, diffusant l’idée d’une rencontre personnelle avec le Christ, sont peu aimés de l’Evêché de Perpignan-Elne qui voit en eux une concurrence chrétienne à haute capacité de séduction. La très dynamique Eglise Baptiste de Perpignan, deuxième du genre dans la ville, propose ainsi des lectures à consulter sur Internet, ou encore une exposition de bibles anciennes, du 3 au 14 septembre, non loin de la cathédrale Saint-Jean. Ailleurs, ces sites religieux parfois précaires sont baptisés « Assemblée de Dieu » à Prades et Font-Romeu, ou « Eglise Baptiste » à Banyuls-sur-mer.

Des prêches radicaux, mais inaperçus

Elne, la ville qui a abrité le siège de l’évêché jusqu’à la Révolution Française, avant son transfert à Perpignan, présente une offre religieuse très plurielle, à la faveur du changement d’époque. Les témoins de Jéhovah y disposent de leur quartier général départemental, dans la zone industrielle, tandis qu’une modeste mosquée occupant un ancien box de transitaires en fruits et légumes jouxte une église évangélique tzigane, installée dans un box semblable. Le prédicateur hispanophone à la parole forte, aux antipodes du style catholique, rappelle la manière sud-américaine, à persuasion prépondérante. En transparence, les insinuations doctrinales et comportementales rejoignent une forme certaine d’intégrisme, qui, dans le cadre officiel, passe inaperçue par le biais de la langue.

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