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L’accumulation des saisies de cannabis en plaine du Roussillon confirme en 2013 une tendance énoncée en mai 2011 quant à la croissance de la production de hashisch marocain. En effet, l’essor de la variété « cannabis sativa » provoque mécaniquement, à l’image des marchandises légales, une augmentation des tonnages empruntant l’axe autoroutier de la côte méditerranéenne espagnole. Le principal point de filtrage du territoire français, situé au péage du Boulou, sur l’autoroute A9, permet ainsi une évaluation de plus en plus précise. La dernière prise, le 1er mars, concerne 630 kg de cannabis convoyés selon le procédé « go fast », impliquant au moins deux véhicules puissants, généralement de marque allemande, dont le premier assure le rôle d’éclaireur. Auparavant, le 23 février, une tonne de résine de cannabis était saisie dans le même secteur, à l’intérieur d’un véhicule rapide, abandonné à l’issue d’une course-poursuite. Le 10 février, un record de 6,7 tonnes de la même substance illicite était intercepté, également au Boulou, à l’intérieur d’un camion réfrigéré, officiellement destiné au transport de carton. L’année 2013 a débuté par l’identification de 51 kg de cannabis dans le coffre d’un véhicule ordinaire, tandis que le mois de juillet 2012 s’était illustré par la saisie de 277 kilos cachés à l’intérieur d’une berline, mais une tonne avait été saisie en octobre 2010.

Le Roussillon, entonnoir géographique entre Maghreb et Europe

En marge de leur aspect parfois spectaculaire, les faits relevés, mis en perspective, confirment le rôle du corridor du Roussillon comme entonnoir terrestre de la plupart des trafics de cannabis entre le continent africain et l’Europe. En amont, le filtrage effectuée à La Jonquera par les polices espagnoles et catalanes contribue à l’évaluation générale : parmi les flux de cannabis qui auraient dû circuler par le Roussillon, un volume effroyable de 19 tonnes a ainsi été stoppé entre janvier et octobre 2012 à La Jonquera. Les autres stupéfiants, dont la cocaïne, l’héroïne et les pilules synthétiques ont également fait l’objet d’interceptions, parfois en association à de l’argent sale, tandis que la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Marseille, en charge de l’étude des tendances, évalue à 4,68 millions la valeur marchande, en territoire français, d’une tonne de cannabis.

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