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Dans une conjoncture tendue, les Jeunes Agriculteurs des Pyrénées-Orientales (JA66) occupent le terrain ce mercredi 13 août. Rejoints par la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) du même département et de celui du Gard, ils invitent à une « mobilisation générale » pour alerter l’opinion sur la « crise fruits et légumes » et la « viticulture ». Le péage du Boulou, sur l’autoroute A9 surchargée en cette période de vacances, sera le lieu de cette opération, présentée par communiqué. Les JA 66 évoquent une « situation tendue sur la plupart des filières » agricoles et soulignent qu’aucune production « ne tire son épingle du jeu ». Ils argumentent sur les « écarts de compétitivité » français et s’estiment victimes d’un « véritable dumping social et commercial » espagnol. La survie de leurs exploitations étant « une fois de trop en jeu », ils « disent stop ». Cette opération reçoit aussi le soutien du Syndicat des Vignerons des Pyrénées-Orientales.

René Bidal, entre solidarité et fermeté

L’annonce de cette action a invité le préfet des Pyrénées-Orientales à avertir les personnes mobilisées. René Bidal a cité la « dure concurrence et le blocus russe« subie par le monde agricole et les interventions gouvernementales visant à obtenir un financement européen voué à « retirer du marché les volumes excédentaires ». Mais il a alerté les protagonistes paysans que des « débordements » comparables à ceux du 17 juillet, lorsque des manifestants avaient brûlé des cagettes de pêches, sont « condamnables ». Le représentant de l’Etat a prévenu que les auteurs d’éventuelles dégradations « seront identifiés et les infractions pénales individuellement relevées, aux fins de poursuites judiciaires ». René Bidal a ainsi souhaité que le calme profite aux stratégies « y compris diplomatiques » engagées auprès de Bruxelles.

La Commission européenne débloque une aide d’urgence

Précisément, la Commission européenne a communiqué lundi 11 août des « mesures exceptionnelles » en appui aux producteurs de pêches et de nectarines. Les volumes de fruits qui « pourront être retirés et distribués gratuitement » augmenteront. Selon Dacian Cioloș, commissaire européen chargé de l’Agriculture, ces « mesures urgentes » seront « rétroactives » et « immédiates ». Elles permettront de « diminuer l’offre et à stimuler la demande ». La production de pêches européennes étant concentrée en France, Italie, Espagne et Grèce, l’offre générale, plus importante cette année, a été suivie d’une consommation en baisse, car les conditions climatiques de juin et juillet ont été « plus fraîches et plus humides ». Pour sa part, l’Association de Fruits de Catalogne (Afrucat) estime à 20 millions d’euros l’aide nécessaire au secteur, pour « rééquilibrer le marché » face au veto russe.

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