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L’arrêt des fouilles au corps fait entrer l’héroïne à la prison de Perpignan
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La dégradation du climat à l’intérieur du centre pénitentiaire de Perpignan, régulièrement évoquée par les organisations syndicales sous forme d’alertes, interpelle le député UMP Fernand Siré. Le 31 octobre, le parlementaire a actualisé ses connaissances sur le milieu carcéral en Pays Catalan, après une visite de terrain, effectuée à l’automne 2013. Les délégués du Syndicat Local Pénitentiaire Force Ouvrière de Perpignan (SLP-FO) ont dénoncé auprès de l’élu « I’insécurité galopante » qui concerne les agents, les détenus et leurs familles respectives. Les dommages collatéraux sont le fait « d’autres pensionnaires » et de « personnes extérieures », souligne le cabinet du député. Le corps de commandement Philippe Corre, le corps d’encadrement Sébastien Pascual, l’agent de surveillance David Miquel, l’agente technique Claude Bel et le secrétaire territorial du syndicat, Frédéric Jenot, ont également décrit un manque de moyens humains et matériels.

Des couteaux en céramique, indétectables

Parmi ses revendications, le SLP-FO souhaite un portique à onde millimétrique pour remplacer les fouilles au corps, supprimées en septembre 2013. Ce changement, inhérent à une directive européenne de 2009, intervient sur la volonté de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Les opposants, notamment le personnel confronté au réel, évoquent la transformation des centres pénitentiaires français en passoires. Déjà, les prisons de Perpignan, Béziers et Seysses, près de Toulouse, ont protesté, comme celles des Baumettes, à Marseille, et Fleury-Mérogis, en région parisienne. Le syndicat réclame également des filets anti-projections au-dessus du terrain de sport de la prison de Perpignan. Il souligne l’augmentation des entrées de cannabis, de cocaïne et d’héroïne. Les téléphones portables et les couteaux en céramique, indétectables au détecteur de métaux, ne sont pas rares. En mai 2013, le syndicat UFAP nous signalait une « pluie de téléphones portables » et révélait en août la présence d’armes, de drogue et même d’explosifs. En janvier dernier, un colis reçu contenait un pistolet et une machette. Face à l’escalade, le député Siré milite à l’Assemblée nationale pour le rétablissement des fouilles et l’installation d’équipements de sécurité supplémentaires empêchant les intrusions d’objets.

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