Langue

L’éventuel renoncement du Roi d’Espagne, Juan Carlos I de Bourbon, âgé de 75 ans, progresse depuis début 2012 dans l’opinion publique espagnole, et quitte le domaine tabou. Le 25 mars, la Ville de Mollet del Vallès, dans la banlieue de Barcelone, s’est prononcé en ce sens, après que le leader socialiste catalan, Pere Navarro ne recommande au souverain, le 20 février, de quitter ses responsabilités, tout en réclamant le relais de son fils, le Prince Philippe, afin de « faire la transition du XXIe siècle ». L’Espagne démocratique étant redevable à Juan Carlos, par son accession au trône, en 1978, du retour de la démocratie après le régime totalitaire du général Franco, le sacrilège était désavoué par le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol. Mais une montée d’un cran s’est produite le 1er avril par la publication par le quotidien La Gaceta, réputé de droite, d’un article détaillé abordant un possible départ. Déjà, le 22 mars, Antonio Zarzalejos, ex-directeur du journal monarchiste ABC, prônait une régence princière.

Affaires compromettantes et fatigue physique

L’hypothèse est corroborée par la découverte, le 21 mars dans le « code source », partie cachée du site Internet de la chaîne publique Télévision Espagnole, d’une information préparée au cas où l’évènement surviendrait. Sans véritable rationalité, mais de manière insistante, l’abdication serait justifiée par l’état de santé du souverain, peu mobile et actuellement embourbé dans une affaire le liant à une belle étrangère, Corinna Sayn-Wittegenstein. Précédemment, les frasques financières de son gendre, Iñaki Urdangarín, Duc de Palma de Mallorca, ont entaché l’image de probité du souverain. Selon un sondage réalisé par l’institut TNS Demoscopia, publié le 3 mars, 51,7 % des citoyens espagnols jugent positivement le bilan de Juan Carlos à l’issue de 35 ans de règne, mais 56,9 % approuveraient la succession immédiate de son héritier, âgé de 45 ans.

Partager