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Un nouveau survol de drone s’est produit au-dessus du centre pénitentiaire de Perpignan, dimanche 27 mars. Lors d’une précédente visite, observée le 1er avril 2021, l’un de ces appareils téléguidés avait effectué ce qui avait semblé être un repérage, orchestré par un ou plusieurs individus non identifiés. Cette fois-ci, l’objet volant a effectué une véritable livraison, en plusieurs voyages, dans la cour de promenade de l’établissement. Malgré la présence de filets anti-projections, il a été capable de livrer plusieurs colis dans plusieurs secteurs dits neutres, c’est-à-dire situés visiblement hors de portée des détenus. 

Des survols signalés depuis 2019

Dans un communiqué, le syndicat FO Pénitentiaire précise les détails de la livraison illicite : “quatre téléphones portables avec chargeurs ainsi que 18 grammes de résine de cannabis ont été découverts”, précise la centrale, sur la foi des conclusions d’une fouille sectorielle effectuée mercredi 20 mars. Cette opération ciblant 8 cellules situées au 3e étage du centre de détention débouche sur un maigre résultat : les “trouvailles sont minimes”, estime FO, tout en rappelant que ses alertes concernant les drones “ne datent pas d’hier mais ont bel et bien déjà 3 ans”. Pour sa part, le syndicat L’UFAP Unsa Justice exige une nouvelle fois « des rondes des forces de l’ordre pour empêcher et appréhender les individus venant projeter des produits illicites”.

Les boucliers anti-drones s’installent en France

Le phénomène mêlant les drones à l’univers carcéral, en France, fait l’objet de solutions de lutte anti-drones, déjà appelées “LAD”’ par le ministère de la Justice, qui dispose d’un chef de projet spécialement dédié, Antoine Pau. Cette stratégie de protection justifie la mobilisation de deux entreprises, Cerbair et KEAS, chargées de l’installation de systèmes efficaces. Ces sociétés sont chargées d’équiper dès cette année une dizaine de prisons par an, contre les appareils pilotés à distance par des amis de détenus. “Nous observons systématiquement une baisse de survols ou des tentatives de survol dès lors qu’un site est équipé”, explique Antoine Pau.

Pas encore de systèmes anti-drones à Perpignan

Au plan technologique, ces boucliers de lutte anti-drones utilisent des antennes de détection et des brouilleurs. Ces procédés d’inspiration militaire détectent les  “signatures” de drones à 360°, dans un rayon de 2 km. La neutralisation des drones malveillants avance, mais le centre pénitentiaire de Perpignan n’est pas signalé parmi les sites prioritaires. Il faudra prendre patience face à un phénomène qui, dans d’autres régions, a permis de faire entrer des armes blanches dans certaines prisons, outre des puces de téléphones portables, tandis que l’administration s’inquiète de la captation illégale d’images, en vue d’éventuels repérages, grâce à ces appareils de moins en moins chers.

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