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L’élimination physique du passage frontalier du Perthus, effective depuis le démontage, en décembre dernier, des anciennes cabines de douane et de police, n’est pas définitive. Car les Accords de Schengen, en vigueur depuis 1995, sont sur le point d’être réformés, selon la volonté de la Commission européenne, exprimée ce mercredi. Interpellée par l’État français, inquiet d’une possible pression migratoire provoquée par les événements en cours dans plusieurs pays du Maghreb, l’Union Européenne envisage ainsi de pouvoir refermer les frontières. La victoire sur les ralentissements routiers et la séparation des territoires, visible au Perthus depuis cet hiver, est ainsi devenue fragile. Le nouveau dispositif, proposé par Nicolas Sarkozy, comportera de simples fermetures provisoires, d’ailleurs prévues dans les faits. En effet, le passage du Perthus-La Jonquera, où la vitesse maximale est désormais plafonnée à 70 km/h, dispose de deux larges barrières métalliques, de récente installation, qui pourront être refermées dans l’éventualité de l’arrivée de migrants tunisiens passés par l’Italie.

La crainte ressentie le mois dernier par le syndicat espagnol CEP au sujet d’un afflux de réfugiés maghrébins au Perthus est ainsi rejointe par Bruxelles, qui propose une révision des règles au sein de l’espace Schengen. Selon une annonce de la commissaire européenne chargée des questions d’immigration, Cecilia Malmström, le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières nationales pourra être autorisé en cas de « défaillance » d’un État dont les limites territoriales sont les frontières extérieures de l’Union européenne. Selon elle, les contrôles aux frontières, c’est à dire notamment au Perthus, seront rétablis, comme auparavant, lorsque l’Union européenne est soumise à une « pression migratoire extraordinaire ».

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