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Le politique de rabotage des dépenses publiques engagée par le gouvernement catalan, désigné par les urnes en novembre 2010, vise le RMI. Ce « Revenu Minimum d’Insertion », calqué sur la France au début des années 1990, vient en aide à 34.000 familles sud-catalanes, pour une population totale de 7,5 millions d’habitants. L’importance sociale de cette prestation ne permet d’ailleurs aucune comparaison avec le volume de 48.000 personnes concernées dans les Pyrénées-Orientales, pour une population globale de moins d’un million d’habitants. Une stratégie d’économie lancée ce mois-ci par le gouvernement de centre-droit mené par le président Artur Mas, à la tête de la Generalitat de Catalunya, a été guidée par la volonté affichée d’assainir les fichiers. Sur ce principe, les autorités ont souhaité démasquer d’éventuels fraudeurs, qui ne résideraient pas en Catalogne du Sud et profiteraient d’un coup de pouce public, sans volonté d’insertion sociale.

Début août, les bénéficiaires de la somme prévue, soit 420 euros mensuels, ont ainsi reçu leur RMI sous forme de chèque, envoyé à leur adresse physique, en remplacement d’un virement bancaire habituel. Cette méthode, qui a eu pour effet d’affirmer les situations de précarité réelle, ne sera pas reconduite. En effet, face aux protestations provoquées par cette stratégie, illustrée par une manifestation de 500 personnes, ce jeudi à Barcelone, le gouvernement catalan rectifie. Le retour au versement par virement sera effectif dès le mois prochain, selon une annonce formulée dans la soirée par le ministre du Bien-être social, Josep Lluís Cleries. Celui-ci a publiquement demandé des excuses pour les « gênes » occasionnées, tout en signalant que le contrôle, « indispensable », avait porté ses fruits. En effet, ce jeudi 18 août, 20% des bénéficiaires n’avaient pas retiré leur chèque, preuve, selon M. Cleries, que « quelque chose ne tourne pas rond ».

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