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De nombreux enjeux économique et sociétaux concernent la nouvelle année en Pays Catalan, mais c’est une information dérisoire, repérée sur le territoire, qui fait le tour de France. En effet, un coupe de retraités habitant Saint-Feliu d’Avall, en plaine du Roussillon, a réussi à récupérer la « garde » de son sanglier, qu’il a domestiqué il y a plusieurs mois. Roger et Rosemary Marty, 76 et 63 ans, propriétaires d’un animal à poils baptisé Gaston, ont obtenu gain de cause auprès de la justice, qui menaçait il y a quelques jours, via le procureur de la République à Perpignan, Jean-Pierre Dréno, de mettre fin à l’hébergement de la bête et de réclamer aux 6000 euros d’amende aux éleveurs. Le couple, qui héberge sur un terrain d’un hectare de nombreux animaux, dont six daims et des animaux de basse-cour, a obtenu l’autorisation de conserver son sanglier, après avoir été relaxé, ce mardi matin, pour détention d’animaux sauvages. Lors de leur audience, le 4 janvier, le juge avait cependant précisé, au sujet du sanglier, que leur « détention est interdite sauf au sein d’un établissement d’élevage autorisé ». Cette information insolite, reprise en cascade par la plupart des médias parisiens, a séduit par son caractère extravagant, d’autant plus que Rosemary Marty, anciennement éducatrice spécialisée, a envisagé ces derniers jours d’entamer une grève de la faim si le tribunal suivait les réquisitions du procureur. Le sanglier Gaston, qui doit son salut au geste d’un chasseur qui l’a capturé en 2007, a permis de tourner au ridicule tout un territoire. Ce résultat médiatique n’est évidemment pas le fruit d’une volonté délibérée, mais davantage dû à l’absence de traitement, à la même échelle, d’une actualité liée par exemple à la construction européenne, qui se pose avec une acuité remarquable dans les Pyrénées-Orientales. Comme pour manifester le statut lointain du Pays Catalan, plusieurs médias vont jusqu’à évoquer le village de « Saint-Felio », visiblement situé dans une sorte d’Italie espagnole.

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