La grève du monde éducatif public  organisée ce jeudi 13 janvier prend des allures inédites en termes de participation : les syndicats évaluent à plus de 800 (soit près de 80 %) le nombre d’enseignants mobilisés et à 40 le nombre d’écoles fermées dans les Pyrénées-Orientales. Une plateforme intersyndicale extrêmement large, de l’extrême gauche jusqu’à la droite, invite les professeurs, de la maternelle au lycée, à suivre le mouvement afin de protester contre la gestion « chaotique » de la crise sanitaire dans leur métiers.

Une “gestion calamiteuse” de la crise sanitaire

Dans un communiqué en date de ce mercredi, la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles Publiques des Pyrénées-Orientales (FCPE66) annonce une “Journée blanche” et les parents qui le peuvent “à ne pas envoyer leurs enfants à l’école”. La puissante organisation estime que le gouvernement – qui décide seul de la lutte contre le Covid-19, en raison d’un fonctionnement centralisé – est “en train de sacrifier les générations actuelles avec une gestion calamiteuse de la crise sanitaire”. Elle estime que les enseignants et les parents “n’en peuvent plus de subir des protocoles qui changent et qui sont toujours très lourds pour les élèves et les équipes éducatives”. La FCPE 66 demande “des moyens en masques, capteurs C02, purificateurs d’air, ainsi que, chaque semaine, des ”campagnes de dépistage massif, notamment salivaire (…) surtout en maternelle”.

Blanquer dans le viseur

Mardi 11 janvier, à l’Assemblée nationale, plusieurs députés de l’opposition ne se sont économisé aucune critique envers le ministre de l’Education, à l’occasion des questions au gouvernement. Jean-Michel Blanquer, associé à un protocole de dépistage qui a changé trois fois en une semaine, a été apostrophé en vertu d’un “grand n’importe quoi”, d’une situation de “chaos”, “ubuesque et intenable”, dont il est tenu responsable. La député Sylvie Tolmont (La France Insoumise, LFI), élue de la Sarthe, a carrément réclamé la démission du ministre.