Langue

La remise en cause de la tauromachie en territoire espagnol, manifestée l’abolition de cette tradition dans les îles Canaries, en 1991, puis en Catalogne, en 2010, suscite une réponse indirecte de l’exécutif madrilène. La corrida signera en effet son retour sur la télévision publique espagnole TVE dès le mois de septembre, en dépit de multiples signes d’opposition à cette pratique. Le dernier s’est exprimée le 21 août à Saint-Sébastien, ville basque dont la mairie a approuvé un décret d’interdiction sur son périmètre. La disparition de la tauromachie télévisée en Espagne, fin 2006, s’est produite dans un contexte d’adversités croissantes et d’audience en chute. Sur ce constat, le revirement, annoncé le 23 août, semble indissociable du retour au pouvoir du très droitier Partido Popular, précédant un changement de direction de TVE, en juin. Dans un communiqué officiel, la télévision publique espagnole précise ainsi qu’une « fête de cette importance doit être accessible à tous les amateurs espagnols » de tauromachie. La première retransmission, programmée le 5 septembre à l’occasion de la féria de la ville de Valladolid, aura pour participants les toreros de prestige Julián López dit « El Juli », José Maria Manzanares et Talavante.

L’époque post-corrida a commencé à Figueres et Olot

Cet évènement est à même de provoquer des courants d’indignation, compte tenu de sa diffusion en direct 18h, horaire comportant une possible exposition aux enfants. Si cette réalité a marqué l’Espagne depuis les années 1970, les nouvelles éthiques, de plus en plus internationalisées, constituent un paramètre nouveau, renforcé depuis 2006. En outre, un sondage du quotidien espagnol El Pais réalisé en 2010 révélait que 60 % des personnes interrogées s’opposaient à la corrida. Dans la province de Girona, l’ancienne place forte de la tauromachie, Olot, a engagé en 2011 la transformation de ses arènes en centre culturel et sportif, tandis que les arènes de Figueres préparent une reconversion sportive. A Barcelone, les anciennes « Arenas » font désormais place à un centre commercial et de loisirs gigantesque, qui héberge notamment un musée du rock. Face à cette évolution sociologique et économique, la ville de Céret, dans les Pyrénées-Orientales, affiche ouvertement son intention d’accueillir les publics sud-catalans orphelins, tandis que la Principauté d’Andorre se positionne comme pays refuge. Une stratégie semblable était évoquée en 2010 par la maire de Béziers, Raymond Couderc.

Nouveau commentaire