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La Clau
Jalousies autour du titre de noblesse « Baron de Perpignan » relancé par le Roi d’Espagne
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Parfaitement inconnu en Roussillon, le titre de noblesse de « Baron de Perpignan », attribué le 8 avril 2010 par le Roi Juan Carlos d’Espagne à Roser Rahola d’Espona, veuve de l’historien et éditeur catalan Vicens Vives décédé en 1950, ne plaît pas à tout le monde en Catalogne du Sud. En effet, en réactivant ce titre, qui a existé de 1800 à 1866, et en l’attribuant à une descendante du dernier détenteur, alors que d’autres descendants direct sont toujours en vie, le chef de l’Etat espagnol a ému Josep Maria Llobet de Nuix, descendant de Francesc de Nuix, proclamé baron de Perpignan le 16 mars 1800 par Carlos IV d’Espagne. Ce titre, bien que vacant depuis 1866 et la mort du troisième titulaire, a selon lui un caractère perpétuel, et ne peut donc être réattribué. Son avocat s’appuie même sur un décret royal de 1912. La défense de M. Llobet, qui condamne une usurpation de titre, insiste sur sa vacance, car il n’a jamais été supprimé, sans pour autant avoir été utilisé pendant plus de 140 ans.

De son côté, la défense de la Baronne de Perpignan, âgée de 96 ans, met en avant le fait que durant plus de 40 ans la famille ne se soit pas manifestée pour demander la réactivation du titre. Enfin, la Maison Royale d’Espagne, dont la décision est parue au Journal Officiel espagnol le 8 avril 2010, ne semble pas disposée à revenir en arrière et a même répondu par courrier aux plaignants, le 19 mai 2010. Selon le monarque, les plaignants peuvent toujours utiliser un recours administratif ou judiciaire pour obtenir ce qu’ils considère être gain de cause. Pour sa part, Josep Maria Llobet de Nuix, qui s’exprimait sur le sujet ce week-end, affirme regretter davantage surtout la manière employée par le Roi, et n’exclut pas d’avoir recours au Médiateur européen. En exhumant le titre de Baron de Perpignan, qui rappelle l’hispanité historique du Pays Catalan, le Roi d’Espagne aurait bien pu ouvrir une boîte de Pandore, car plus de 2000 titres nobiliaires sont vacants en Espagne.

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