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Le futur TGV Perpignan-Barcelone, qui fonctionnera en 2012 selon les indications les plus optimistes, a reçu ce dimanche un avis critique. L’économiste Germà Bel, qui répondait aux questions de l’Agence Catalane d’Informations, n’a pas hésité à déclarer « Le TGV sucera l’activité économique des petites villes, au profit des grandes ». Auteur d’un ouvrage au titre évocateur, « Espagne, capitale Paris », ce spécialiste du modèle d’infrastructures espagnol, dont il a parcouru l’évolution depuis le XVIIIe siècle. Selon lui, Madrid reste le centre de toutes les attentions en matière de communications, dans un but de « cohésion politique nationale », au détriment d’un quelconque développement économique. De la sorte, la stratégie ferroviaire menée par l’Etat espagnol, notamment sur les lignes au départ de Madrid, mais aussi la politique d’aménagements routiers et aéroportuaires choisie pour Girona et Barcelone, obéiraient à des méthodes d’un autre temps. Selon M. Bel, l’Espagne imite le centralisme français, marqué par une convergence unique vers Paris, comportant des répercussions économiques défavorables aux périphéries. Cet économiste un brin alarmiste a tenu à préciser que le schéma du TGV espagnol a d’ores et déjà ôté à Barcelone sa position de leader économique de la péninsule ibérique, au profit de Madrid. Il s’agirait alors, selon lui, de redéfinir les ambitions de la capitale catalane.

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