Langue

Il y a 10 ans, le 24 mai 2009, le maire de la commune de Saint-Cyprien, Jacques Bouille, mettait fin à ses jours au centre pénitentiaire de Perpignan. Ce suicide accompli avec la ceinture du peignoir de bain du premier magistrat a précédé une action en justice de sa veuve, conduisant à la condamnation de l’Etat pour négligence, en avril 2011. Le tribunal a évalué le préjudice moral à 25.000 euros. Jacques Bouille, maire de Saint-Cyprien de 1989 à 2008, avait été poussé à bout par son incarcération inconfortable. Traité médicalement en raison de la fragilité psychologique issue de sa détention, cet édile membre de l’UMP avait écrit « Ceux qui ont voulu me briser y sont parvenus », dans l’une de ses dernières lettres.

Un mélange de milieu varois et de mafia

L’affaire Bouille a occupé le devant de la scène médiatique du Pays Catalan et agité Saint-Cyprien à partir de décembre 2008. L’addition de faits de malversation et de corruption, d’appétit pour les œuvres d’art monétisées et l’immobilier juteux, ont composé un cocktail de premier ordre. L’oeil de Paris amalgamant le Roussillon, la Côte d’Azur, le milieu varois voire la mafia italienne, le docteur Jacques Bouille s’est vu attribuer des dérives, avérées, mais montées en cliché. Âgé de 62 ans, il avait été placé en détention provisoire pour « prise illégale d’intérêts et corruption ».

Partager