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La longue traîne de célébrations liées à la Retirada, illustrant l’arrivée des républicains espagnols en territoire français en 1939, a comporté un évènement à Argelès-sur-mer, le 29 septembre. En dépit de la pluie, le cimetière de la ville côtière a accueilli une journée d’hommage « aux victimes de l’Histoire », selon les promoteurs des prix LiberPress de Girona. Sous l’égide de la Députation de la province rattachée à cette dernière ville, cette initiative annuelle comporte une catégorie « mémorial », consacrée cette année à 70 enfants de moins de 10 ans, républicains catalans et espagnols, juifs et gitans, qui ont trouvé la mort dans le camp de concentration d’Argelès. Vers ce site ont afflué 100.000 personnes dans le sillage de la Guerre d’Espagne, terminée en 1939, ces populations jugées indésirables embarrassant le gouvernement de gauche du radical Edouard Daladier.

Curiosité historique

Cette séquence contre l’oubli a réuni le député-maire d’Argelès, Pierre Aylagas, le président de LiberPress, Carles Mc Cragh, le vice-président de la Députation de Girona, Xavier Soy et le maître de conférences en pédagogie Salomó Marquès, de l’Université de Girona. Ces participants ont tenu à rappeler la nécessité d’aborder le futur sans faire l’impasse sur le passé, tout en démontrant un retour, depuis quelques années, du sujet lié aux répercussions du conflit espagnol en Catalogne du Nord. La Retirada est en effet survenue en février 1939, seulement 6 mois avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. L’irruption de ces deux épisodes sur un même territoire périphérique, produisant un profond choc des contextes, constitue la principale curiosité historique du XXe siècle dans les Pyrénées-Orientales.

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