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Les activités de la maison de passe « Dallas », située à 25 minutes de Perpignan, dans la commune d’Agullana, ont justifié l’arrestation de 19 personnes, le 20 février, après plusieurs mois d’enquête menés par la police espagnole. Jusqu’à l’actualité, ce bordel notoirement connu de la clientèle nord-catalane a abrité un système d’assujettissement humain de prostituées de nationalité roumaine. Ces jeunes femmes, identifiées encore mineures dans leur pays, par un réseau local, rejoignaient la Catalogne à 18 ans, avec la promesse d’emplois de puéricultrices ou d’aide aux personnes âgées. Un second réseau prenait le relais jusqu’à les contraindre, après une intimidation par la menace, le viol et autres atteintes physiques, au sexe tarifé au sein de cet établissement de bord de route proche de La Jonquera. Jusqu’à 215 professionnelles, forcées à différents degrés, sont concernées par cette exploitation de grande échelle.

14 heures de prostitution par jour

Selon les éléments dévoilés par les autorités policières espagnoles, les empreintes digitales de ces prostituées, prélevées dès leur arrivée dans l’établissement, permettaient de contrôler leurs déplacements, en appui d’un système de vidéosurveillance, intégral et permanent. Par le biais d’Internet, les propriétaires du Dallas, domiciliés à València, pouvaient suivre à tout instant leurs employées, parfois soumises à 14 heures de travail par jour, y compris lors de leurs périodes menstuelles, par l’imposition d’éponges vaginales. Cette situation barbare, qui crée un précédent en Espagne, était renforcée par un brouillage des réseaux de téléphonie mobile obligeant les victimes à utiliser des téléphones fixes, placés sous contrôle. De nouvelles arrestations sont possibles dans cette affaire, car les agents mobilisés suivent également la piste de sociétés écran, consacrées au blanchiment d’argent à l’étranger. La perquisition du Dallas et de 5 appartements a permis la saisie de trois armes à feu, 9 véhicules, des disques durs, des bijoux et 100.000 euros en espèces.

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