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Entre suspicion et fascination, la permaculture prend racine en Vallespir
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Le mouvement de la «permaculture», dont le mode de vie est fondé sur l’habitat et l’agriculture très proches de la nature, est présent depuis 2013 dans les Pyrénées-Orientales. Le «biomimétisme», existence alignée sur les éléments, est prôné par l’association Permaterra à l’Assalador, lieu-dit de la commune de Lamanère, en Haut-Vallespir. Loin de la ville, en pleine nature, un étonnant camp d’été débute le 10 août, avec «scierie mobile et découpe du bois de la forêt locale», construction de systèmes de «xylo épuration», de toilettes sèches ou encore d’une forge pour la fabrication de couteaux, nous détaille un communiqué. La vannerie, les fleurs de Bach et l’initiation à la biodynamie composent le reste des enseignements proposés, entrecoupés de repas exclusivement bio. Les volontaires bâtiront une «hutte à sudation», sauna traditionnel associé à la pensée new age européenne.

La vallée des «Indiens»

Ce retour à la terre se déroule dans une vallée où les tipis des surnommés «Indiens», venus des villes, se multiplient depuis la fin des années 1980. Entre suspicion de la population, surveillance discrète des autorités et fascination du public pour les attitudes émergentes, Permaterra souligne la présence estivale d’un «facilitateur québécois reconnu», Bernard Alonso. L’association, qui est aussi un organisme de formation, réfute tout comportement sectaire. Elle rappelle cependant l’ambiance hippie américaine de la fin des années 1960, arrivée dans les années 1970 en Pays catalan. La permaculture est d’ailleurs née lors de cette période, en Australie.
Camp 2014 Permacultura, Lamanère