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Le mariage catholique, institution espagnole profondément enracinée, prend du plomb dans l’aile, selon les derniers chiffres de l’Institut National de la Statistique espagnol, qui a révélé ce vendredi une suprématie des unions civiles sur les religieuses, en 2009. Les premières ont représenté 94.993 mariages, tandis l’Eglise en accueillait 80.174. Ce bouleversement étonne, car en 2008 le nombre de mariages selon les rites catholiques avait été de 99.104, face à 94.170 civiles hors religion. Parallèlement, les mariages conclus selon d’autres rites religieux, notamment musulmans, n’ont officiellement concerné que 785 situations en 2009, dans une proportion constante par rapport aux années précédentes. La tendance favorisant les unions civiles s’est accélérée au cours de la décennie mourante, alors qu’en 2000, 163.636 mariages religieux ont été enregistrés, et seulement 52.222 mariages civils, dont l’Espagne autorise la validation face à un maire ou un juge. L’année 2004, charnière en la matière, a comporté une baisse significative des unions religieuses, confirmée les années suivantes, mais 2009 a consacré un changement sociologique important. Les difficultés inhérentes à la crise pourraient intervenir dans ce basculement, le budget nécessaire aux mariages religieux étant supérieur à celui des mariages civils, généralement plus dépouillés. Un retour vers l’Eglise, passés les effets de la crise, pourrait ainsi se produire dans quelques années.