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Salaires en berne, pénibilité, horaires difficiles, ce sont plus de 120.000 emplois qui ne trouvent pas preneurs. Retour sur un secteur en crise qui doit absolument se réinventer pour redevenir attractif.

Après des confinements qui ont fait des ravages sur leur trésorerie, les restaurateurs n’avaient vraiment pas besoin d’une nouvelle crise. Cette fois, c’est du côté du recrutement que les problèmes arrivent. Alors qu’il y a encore, selon l’INSEE, 3,75 millions de chômeurs en France, les restaurants n’arrivent pas à recruter des candidats. De nombreux employés, restés chez eux durant le confinement, ont tout simplement décidé de ne plus revenir travailler ou bien ont changé de vocation. La cause ? Les salaires, d’abord, jugés trop bas par les candidats.

Il est vrai que la restauration est un métier bien plus de passion que d’argent. « Les salaires du secteur n’ont pas été renégociés depuis 2018, contrairement au SMIC qui lui a augmenté depuis 2018. Des négociations ont eu lieu le 18 novembre entre organisations patronales et syndicats de salariés mais la proposition d’augmenter d’environ 10,5% les salaires a été accueillie froidement par les syndicats représentant les salariés » explique Michel Garnier, du site d’offres d’emploi Emploiresto. La filière espère toutefois trouver un accord d’ici décembre, et c’est loin d’être gagné. Une augmentation de salaires ne serait pas non plus sans répercutions. La trésorerie des restaurants s’étant réduite comme peau de chagrin, il reste à craindre des augmentations de prix en cas de hausse de salaires. In fine, c’est le consommateur qui devra mettre la main à la poche, s’il accepte ces augmentations… Un risque à prendre, à moins que l’état se décide de faire baisser les cotisations patronales, ce qui est pour le moment est totalement exclus.

A cette crise de salaires s’ajoute un réel problème pénibilité. Travailler debout, toute la journée, à des horaires tardives, souvent le week-end et les jours fériés n’a plus vraiment la côte chez les chercheurs d’emploi. La encore, des salaires plus élevés pallieraient sans doute à ces contraintes. Reste que les candidats les plus motivés n’ont aucun mal à trouver aujourd’hui un job dans la restauration. Avec plus de 100.000 offres d’emploi disponibles, ils n’ont que l’embarras du choix. Les recruteurs sont acculés et redoublent d’efforts pour les attirer. Ils sont déjà un peu moins regardants quand aux qualifications des candidats et plus enclin à leur octroyer des avantages financiers et en nature. Et cela ne suffit pas toujours. A perpignan, des restaurants comme Le Vienne, situé sur la place Arago a dû se résoudre à fermer 2 soirs par semaine en raison d’un manque de personnel. A bon entendeur…