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La recherche infructueuse des corps des disparues de Perpignan, définitivement stoppée le 30 octobre après plusieurs semaines de silence étrange, place les enquêteurs dans une impasse apparente. L’affaire, sur laquelle la presse éclaire davantage que la justice, donne plusieurs hypothèses discrètes, autant de scénarios dont Francisco Bénitez, père d’Allison et époux de Marie-Josée, peut-être disparues à tout jamais, reste le protagoniste décisif. L’examen approfondi du grau languedocien de Leucate, qui joint la mer à l’étang de la commune voisine du Roussillon, n’a donné aucun résultat malgré un quadrillage précis, pas plus que l’exploration de la pinède de la commune, malgré la certitude d’une présence réitérée du légionnaire Bénitez dans ce secteur, juste après la disparition, le 14 juillet. La station d’épuration de Leucate est la dernière chance, mais l’idée de son exploration, envisagée début septembre, ne regagne l’actualité que deux mois plus tard, en renforçant la thèse d’une enquête officielle, donnée en pâture aux médias et au public, doublée d’une enquête réelle.

La piste de l’accident et celle de l’inceste

Parmi les pistes étudiées par la police judiciaire figure l’éventualité d’un accident, qui aurait déclenché homicide et suicides. Une violente altercation aurait pu opposer le militaire Bénitez, qui s’est donné la mort le 5 août, à sa fille, Allison, car celle-ci aurait été informée d’une liaison extraconjugale entretenue par son père. La possibilité d’une « enquête » menée à ce sujet par l’élégante jeune fille est désormais avérée, mais la cible identifiée est-elle Maria Teresa, la maîtresse désormais connue, domiciliée à Castellbisbal, dans la région de Barcelone ? Coutumier de la double-vie, comme le précise son parcours, l’Andalou voyageur aurait porté un coup ayant entraîné la mort, sans intention de la donner. Pour éviter une dénonciation, il aurait alors tué son épouse, mais une autre éventualité plus délicate se présente. Car l’étude de la confession vidéo enregistrée par l’hebdomadaire Paris Match quelques heures avant le suicide du fauteur, qui y affirme « Allison, c’est tout pour moi », permet aux enquêteurs de déduire, selon des critères psychologiques affinés, une attitude davantage honteuse que coupable. De la sorte, la possibilité d’une relation incestueuse entre le père et la fille n’est pas écartée, tout comme peuvent être imaginées d’autres configurations moralement réprouvées.

Sur Facebook, des mots durs contre un inconnu

Le suicide par pendaison de Cindy Marcoux, reine de beauté et amie d’Allison Bénitez, le 10 septembre, et celui d’un ami proche de la première, survenu le 13 septembre selon le même procédé, restent officiellement étrangers à l’affaire des disparues. Cependant, une simple indication fournie par le principal réseau social pourrait guider vers une probable corrélation. En effet, le profil Facebook de Cindy Marcoux contenait le 27 août des propos vigoureux envers un homme venant de décéder. L’auteur de ces mots, probablement la quatrième dauphine de Miss Roussillon 2012, à moins d’une usurpation d’identité, décrivait l’inconnu en des termes crus et manifestait le soulagement que lui procurait sa mort. Ses termes exacts étaient : « Qu’il aille se faire enculer ce gros FDP (ndlr : « Fils de pute »). Qu’ils soit bien en enfer ! Je vais vraiment finir par péter un plomb maintenant c’est bon ! ». Une amie interpellait celle qui allait en finir avec la vie 14 jours plus tard : « Envers qui tu as tant de haine ? ». Depuis, ce profil a été éliminé du réseau.

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