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Un homme de 54 ans, déjà fiché et condamné pour des agressions sexuelles, a été placé en garde à vue ce mardi 14 octobre au Service régional de police judiciaire (SDPJ) de Perpignan. Cet individu a été arrêté vers midi, à son domicile, par le SRPJ de Montpellier. Son identification aurait pu faire suite à de nouvelles analyses ADN inscrites dans le cadre de l’enquête en avril 2013. Cette expertise nouvelle, mise en pratique dans affaire Grégory, permet d’explorer des pièces à conviction pauvres en cellules. Auparavant, en janvier 2012, des prélèvements avaient été effectués sur les scellés retrouvés sur les lieux du crime de Mokhtaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, enlevées, assassinées et atrocement mutilées en 1997 et 1998.

En octobre 2013, deux identités d’ADN masculins différentes avaient été nouvellement prélevées, mais les recoupements avec les ADN des suspects Andrés Palomino Barrios « Le Chinois », Esteban Reig et Marc Delpech, n’avaient pas fourni de résultats. L’insistance du juge à étendre la comparaison au fichier national des empreintes génétiques a finalement conduit à l’identification du Perpignanais. Ce mardi 14 octobre au soir, les enquêteurs poursuivaient son interrogatoire autour d’une responsabilité éventuelle dans le meurtre de Mokhtaria Chaïb. Mais l’affaire, au sens large, concerne également la disparition de Tatiana Andujar, en 1995.

Dans ce rebondissement, le doute persiste quant à d’éventuels liens avec un quatrième assassinat, survenu en 2001. Le meurtre de Fatima Idrahou, perpétré par Marc Delpech, patron de bar à quelques mètres du Théâtre municipal, avait été avoué et l’intéressé condamné à 30 ans de prison. Cet homme s’était départi de tout lien avec les trois autres assassinats ou disparitions, mais des coupures de presse les concernant et une ébauche de roman intitulé « Tatiana », dans lequel le narrateur prenait en stop une lycéenne, près de la gare, avaient été retrouvées à son domicile.

Jusqu’à présent, quatre victimes et trois suspects

Dans les esprits, en France, l’affaire des « disparues de la gare de Perpignan » ou des « meurtres de la gare de Perpignan » se fond souvent avec celle des « disparues de Perpignan ». Celle-ci, sans élucidation depuis juillet 2013, est également appelée « Affaire Bénitez« . La première, dont la contre-publicité offerte à la gare de Perpignan repose sur une géocalisation vue de loin, a été largement médiatisée car les jeunes femmes ont été tuées dans des conditions comparables. Cette caractéristique sensationnaliste fonde la thèse d’un tueur en série. Tatiana Andújar a disparu le 24 septembre 1995, Mokhtaria Chaïb le 21 décembre 1997, Marie-Hélène González le 16 juin 1998 et Fatima Idrahou le 9 février 2001. Le corps de la première n’a jamais été retrouvé, tandis que Mokhtaria Chaïb et Marie-Hélène González ont été mutilées aux organes génitaux. La seconde a été décapitée et sa tête et ses mains, sectionnées, ont été retrouvées dans des sac-poubelles six mois plus tard.

Suite à la disparition de Mokhtaria Chaïb, un suspect Péruvien, Andrés Avelino Palomino Barrios, chirurgien non diplômé, a été interpellé. Un de ses cheveux a été identifié près de la scène de crime, mais il a bénéficié d’un non-lieu en 2003, faute de preuves, d’autant que Marie-Hélène González a été assassinée pendant sa détention provisoire. L’hypothèse du tueur en série s’est alors évanouie et cet individu a été retrouvé mort en juin 2012 à València. En 2010, des soupçons ont concerné le tueur psychopathe espagnol Esteban Reig, suicidé en détention en 2002. Cet homme toujours muni d’un couteau avait découpé le cadavre de son colocataire, y compris les parties génitales, à Lyon. En 1997 et 1998, il fréquentait le Café Figueres, dans le quartier Saint-Martin de Perpignan, près de l’épicentre du point de départ de tous les épidoses macabres.
« Les meurtres de la gare de Perpignan », Faites entrer l’accusé, 2014.

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