Langue

En Catalogne du Sud, où les égards réservés à la population gitane ne font l’objet d’aucune discussion parlementaire, deux expulsions de campements se sont déroulées cette semaine. Ce jeudi matin, une soixantaine de personnes ont été délogées d’un terrain vague qu’elle occupaient depuis plus de 20 ans, dans le quartier du Poblenou de Barcelone, situé dans la partie basse de la ville, à proximité de la mer. Cette expulsion, réalisée par la police catalane, les Mossos d’Esquadra, et la Guàrdia Urbana, c’est à dire la police de la municipalité socialiste, a notamment comporté le départ forcé d’une vingtaine d’enfants. Le démontage des cabanes de ce lieu de vie est consécutif à plusieurs mises en demeure des habitants. Il s’est déroulé sous les yeux des autorités judiciaires et de représentants des services sociaux de la mairie de Barcelone. Celle-ci a prévu de reloger les expulsés à ses frais pendant une semaine, avant que ceux-ci ne trouvent une solution pérenne. Préalablement, ce mardi, une autre expulsion s’est déroulée dans la ville de l’Hospitalet de Llobregat, dans la banlieue Sud-Ouest de Barcelone. Un groupe de gitans roumains, ou « rom », a été délogé d’un immeuble indument occupé, dans le quartier Can Rigal. Cette délicate opération, menée par la police municipale, a fait suite à une première expulsion des même habitants, effectuée le 27 d’octobre. Par le plus grand des hasards, l’immeuble concerné, promis à une destruction suivie d’une reconstruction imminentes, fait partie du patrimoine historique de l’Hospitalet de Llobregat. Les expulsions régulières de gitans, dont la composante roumaine n’est cependant pas renvoyée à l’étranger, suscitent des protestations très mesurées en Catalogne du Sud et en Espagne. Pour l’ancien député gitan des Cortes de Madrid, Juan de Dios Ramírez-Heredia, « Les Gitans sont les Juifs du XXIe siècle en Europe ». Selon ce membre du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, actuellement journaliste à la Radio Télévision Espagnole, les Gitans occupent « les dernières places » de la société du territoire espagnol. Selon lui, le sort réservé aux tziganes ibériques s’est amélioré depuis 1977, à l’issue de 36 années de régime dictatorial, mais leur progression ne s’est pas effectuée au même rythme que celle du« reste de la société, et des blancs ».

Partager

Icona de pantalla completa