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Perpignan a été huit fois ville étape du Tour de France depuis 1947 et la neuvième venue, ce mercredi, n’était pas exceptionnelle. Mais les Perpignanais ont vécu un état d’exception, avec un stationnement interdit dans de nombreuses rues et circulation interdite rendant le cœur de ville quasi impraticable. Les moyens du Tour n’ont cessé d’augmenter et la petite ville de Province a voulu montrer qu’elle sait bien faire mais le point critique se situe en dehors des sommes importantes engagées. Car le Tour ne reste pas à Perpignan, il se déplace à Girona, d’où partira l’étape suivante. La question porte moins sur la notion de frontière et de son passage par une épreuve sportive que sur la situation significative et symbolique de Perpignan, qui devient le terminus, les marches du royaume, la limite de la république. Le Pays Catalan regarde passer l’histoire, sans participer. Un peu comme avec le TGV, il regarde passer le train en tentant d’attirer le chaland. De carrefour de l’Europe, les Pyrénées-Orientales ont perdu le statut de zone de transit pour devenir un simple lieu de passage où tout arrêt est superflu, avec quelques avantages collatéraux : de brèves minutes d’antenne. Autant de signe montrant que les choses importantes se passent ailleurs, plus au Nord ou plus au Sud.