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Une matinée d’incidents s’est déroulée ce mercredi à Barcelone, à l’occasion de la session ordinaire du Parlement de Catalogne. Environ 2000 « Indignés » engagés dans le mouvement en cours depuis un mois en Espagne, ont bloqué les accès de la chambre catalane, qui a reçu la protection de 400 agents anti-émeutes de la police gouvernementale, les Mossos d’Esquadra. La présence de ce cordon, déplacé pour garantir l’accès des députés à l’hémicycle, a suscité de graves affrontements, soldés par 36 blessés, dont 12 agents. Au même moment, l’usage de 6 hélicoptères et de plusieurs fourgons s’avérait nécessaire pour déposer six conseillers du gouvernement de Catalan ainsi que son président, Artur Mas, devant les portes du bâtiment. M. Mas, qui a réagi en fin de matinée lors d’une conférence de presse spéciale, a cité un « usage légitime de la force » face au « chaos », après une agression, subie lors de longues minutes de confusion, par plusieurs parlementaires, notamment élus du Parti Socialiste de Catalogne.

Sans aucun doute, le mouvement soutenu par les manifestants, dont certains ont repris la chanson « L’estaca » du chanteur Lluís Llach, a franchi une limite, contestée par l’intégralité des députés, littéralement emprisonnés dans leur lieu de débats, en compagnie de dizaines de journalistes, l’ensemble formant un groupe de 500 personnes. Cette situation inédite a inspiré une batterie de déclarations politiques, de Barcelone à Madrid. La président du Parlement, Núria de Gispert, a lancé « nous ne méritons pas cet attentat à la démocratie », tandis que le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, déclarait son opposition à « toute manifestation de violence, d’où qu’elle vienne, qui empêche d’exercer des droits ». Enfin, le président du Congrès espagnol, José Bono, a jugé que le blocage de l’accès au Parlement de Catalogne « est un delit », qui justifie un recours à « la force publique légitime, afin de respecter les droits de tous ».

Vers 13h45, après négociation entre les deux parties, les Mossos d’Esquadra se sont retirés du secteur, tandis que les protestataires, dont l’essoufflement est à la source d’excès, ont accepté d’apaiser l’ambiance, en rendant possible la session parlementaire. Le départ des forces de police s’est toutefois déroulé sous une pluie de projectiles. Sans concertation, ces incidents barcelonais se sont produits silmutanément à de graves affrontements face au Parlement grec, à Athènes.

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