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La disparition de la frontière physique au Perthus, à la jonction des autoroutes A9 et AP-7, favorise une délinquance nouvelle, très localisée, selon un rapport remis le 5 décembre par la police catalane. Depuis l’automne 2010, la suppression des cabines de police et de douane autrefois utilisées au filtrage des flots de véhicules empruntant ce secteur a suscité la multiplication
de délinquants mobiles, agissant de part et d’autre du massif des Albères. Une liste de 21 personnes interceptées et incarcérées pour la plupart consacre ce nouveau type de malfaiteurs. L’identification de ce phénomène est ainsi révélée par la gendarmerie et les Mossos d’esquadra, à l’issue de l’opération spécifique « Pirineus », mise en place auprès de 300 véhicules soit 500 personnes, du 27 décembre au 3 décembre. Ces délinquants ont été arrêtés en possession d’armes non-autorisées, d’alcool en grandes quantités, de cocaïne en quantité moyenne ou encore, pour l’un d’eux, de 370 litres de gasoil. A Puigcerdà, où cette opération a été étendue, un passeur a été arrêté en possession de 1800 paquets de cigarettes. Selon le rapport, il s’agit généralement de trafics illicites consécutifs de vols avec violences, effectués sur la voie publique et dans l’habitacle de camions et de voitures.

La notion de contrebande a disparu en 1995

D’après les indications fournies par les autorités policières concernées, les individus incriminés ne constituent pas un groupe organisé mais agissent sur un périmètre précis, de Céret à La Jonquera. Ces auteurs de trafics, résidant dans l’un ou l’autre de ces deux secteurs, commettent leurs méfaits indifféremment d’un côté comme de l’autre du col du Perthus. Agissant seuls ou en groupes réduits, ces voleurs transfrontaliers ont été identifiés, aux côtés de la police catalane, par la gendarmerie et la Police des Airs et des Frontières (PAF) française, et la Guardia Civil espagnole. Le dispositif « Pirineus », qui pourra être reconduit, comporte la difficulté de devoir contrer des actes de contrebande, mais ce concept a disparu en 1995 avec l’entrée en vigueur, au sein de l’Union européenne, des accords de Schengen. Concernant les produits légaux, la seule marge dont disposent les agents chargés des contrôles est ainsi celle des quantités acheminées et plus le transport en lui-même.

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