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L’institutrice et infirmière suisse Elisabeth Eidenbenz, dont la personnalité est intimement liée au Château d’en Bardou de la ville d’Elne, en Roussillon, est décédée ce lundi, à l’âge de 97 ans. Née à Zurich en 1913, elle avait fondé la « Maternité suisse d’Elne« , ancienne bâtisse ayant appartenu à la famille des industriels roussillonnais Bardou, où pas moins de 597 enfants de mères persécutées ont vu le jour de 1939 à 1944. Réfugiées espagnoles pour la plupart, mais aussi juives et tziganes, ces mères ont reçu à Elne une attention humaine extraordinaire, lors d’une époque extrêmement difficile. Cet épisode historique, dissimulé pendant des décennies, a refait surface dans les années 1990, donnant l’occasion à la mairie d’Elne d’entrer en contact avec Mme Eidenbenz.

Cette héroïne discrète de la seconde guerre mondiale, qui avait rallié l’Asociación de Ayuda a los Niños en Guerra (Association d’aide aux enfants en guerre) espagnole, avait rejoint le Roussillon après la chute de la République espagnole. Associée à la croix Rouge suisse, elle avait alors menée une oeuvre humanitaire dans une grande discrétion. Etablie depuis en Autriche, elle avait obtenu en 2002 la distinction de Juste parmi les nations, attribuée par l’Etat d’Israël, ainsi que la Creu de Sant Jordi, que lui avait remise le gouvernement catalan en 2006, ou encore la Légion d’honneur, reçue du gouvernement français en 2007.

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