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Dans les Pyrénées-Orientales, la crise des migrants et réfugiés du Proche-Orient et d’Afrique interpelle une palette variée de partis politiques et syndicats, jusqu’à l’Eglise. Dans un «Appel aux forces vives des Pyrénées-Orientales», la CGT fait appel à l’histoire du territoire, qui a accueilli «de nombreux parents, enfants ou petits enfants vivant ici, réfugiés et déplacés de zone de guerre ou fuyant la misère économique». Elle souhaite que la France et le département s’engagent «en actes et pas seulement en mots» et convoque une réunion de mobilisation lundi 14 septembre à la Bourse du travail, place Rigaud à Perpignan. Ce rendez-vous sera honoré par la fédération du Parti Communiste des Pyrénées-Orientales (PCF 66), qui dénonce la «construction de murs tout autour de l’Europe forteresse (…) un dangereux cocktail de haine et de fils barbelés». Son secrétaire fédéral, Nicolas Garcia, invite les habitants du Pays Catalan, simples citoyens et élus, à soutenir les «initiatives citoyennes, locales, départementales, régionales, nationales et internationales de solidarités concrètes».

L’évêque a mobilisé depuis Font-Romeu

Pour sa part, l’évêque du diosèce de Perpignan-Elne, Monseigneur Turini, relaie l’appel papal « aux paroisses, aux communautés religieuses, aux monastères et aux Sanctuaires de toute l’Europe, à manifester l’aspect concret de l’Evangile et accueillir une famille de réfugiés ». Dimanche 6 septembre, lors de l’aplec de la vierge de Font-Romeu, Norbert Turini regrettait la «mondialisation de l’indifférence» et «ce monde dur et violent où tant d’enfants, de femmes et d’hommes souffrent toutes les violences».

L’expérience du territoire

Dans une lecture de pays, Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) lance «rappelons-nous 1939 et 1962» pour souligner que les Pyrénées-Orientales ont vécu les exodes des républicains espagnols et des pieds-noirs. Selon le parti centriste, ces étapes historiques constitue une «expérience de premier choix». Il s’agirait «d’agir envers nos prochains, dans la raison, sans calculs partisans», estime la formation eurocatalane. Solliciter le territoire pour aborder le drame humanitaire actuel est aussi la vision de Farid Mellal, membre de la direction du PCF 66. Celui-ci s’interroge : «Que fait notre département pour les réfugiés ?». Alors que plusieurs maires de grandes villes de France, ou encore à Barcelone, s’engagent à recevoir les populations en errance, cet ancien conseiller municipal de Cabestany s’offusque : «rien, aucun maire ne s’est exprimé sur le sujet ou même proposé une aide quelconque. Pourtant notre département, frontalier, a su accueillir plus de 500.000 réfugiés lors de la guerre civile d Espagne, des milliers de pieds-noirs, des Italiens». M. Mellal conclut : « notre Pays Catalan ne mérite pas cela».

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