Langue

L’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, rendu célèbre au niveau mondial par l’action terroriste islamiste du 7 janvier à Paris, est en crise. Le titre, dont la rédaction a été décimée, a renoncé aux 4,3 millions d’euros de dons effectués par 36.000 personnes, dans l’émotion des faits. Cette somme, colossale dans le contexte souvent délicat du panorama médiatique, sera entièrement remise aux victimes. Mais le dessinateur Luz, rescapé du 7 janvier car resté plus longtemps au lit en vertu de son anniversaire, quittera Charlie Hebdo en septembre. Il en fait l’annonce ce 19 mardi mai dans les colonnes du quotidien Libération. Ce lundi 18 mai, le directeur du journal, Riss, affirmait que celui-ci doit franchir un « cap ».

Le directeur détient 40% du capital

Charlie Hebdo, fondé en 1970 à Paris, a cessé de paraître en 1982, puis a été relancé en 1992. En 2006, la reprise des caricatures de Mahomet du journal danois Jyllands-Posten, a provoqué de grandes réactions dans plusieurs pays musulmans. Les attentats du 7 janvier 2015, perpétrés par les frères Kouachi, tuant douze personnes parmi lesquels dix collaborateurs et proches du journal, ont précédé le tirage d’un numéro à près de 8 millions d’exemplaires. Charlie hebdo est alors passé de 10.000 à 220.000 abonnés. Ce succès fondé sur la douleur a créé des tensions dans l’équipe du journal, dont un collectif s’est détaché le 31 mars. Ce groupe, dont font partie les dessinateurs Luz et Willem, ou encore l’humoriste et chroniqueur catalan Mathieu Madénian, réclamait une « refondation » du journal, notamment au niveau financier, Riss détenant 40 % du capital et le défunt Charb la même proportion.

Partager

Icona de pantalla completa