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A l’occasion de la féria de la ville de Millas, prévue de jeudi à dimanche, le traditionnel débat entre amateurs et opposants à la tauromachie va se reproduire. La tradition anime aussi le grand promoteur de l’évènement, Christian Bourquin, actuel président de la région Languedoc-Roussillon, vice-président du Conseil Général des Pyrénées-Orientales, et maire de Millas de 1995 à 2001. Le programme de cette nouvelle féria comporte en effet, outre des corridas, des démonstrations de castellers de Catalogne, un correfoc et un ball de gegants, bal de géants, également de Catalogne, auquel s’ajoutera une nouvelle attraction, intitulée « Chevalissimo« , venue du Languedoc. Cependant, cette célébration comporte un précédent, qui s’est produit discrètement le 25 juillet.

Pour la présentation de ces festivités, au Palais des Rois de Majorque de Perpignan, M. Bourquin et Hermeline Malherbe, qui lui a succédé à la tête du Conseil Général, ont parrainé un acte fort. Un jumelage s’est en effet déroulé, avec leur assentiment, entre le Centre Français de Tauromachie (CFT), établie à Nîmes, et l’Ecole Taurine de Catalogne (CTC), sise à Barcelone. Ce partenariat outrepasse l’intérêt de partager une passion commune, souvent sincère, et mise à mal en Catalogne du Sud par l’abolition de la corrida, prononcée il y a tout juste un an. Dès le lendemain, Christian Bourquin dénonçait ce changement salué par les défenseurs de la cause animale, et encouragé par les partisans d’une différenciation entre la Catalogne et l’Espagne.

Ce jumelage ratifié au nom du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, n’échappe pas à certains détails, évacués en Roussillon à la faveur du filtre frontalier. Car l’ETC, qui indique, dans une certaine escroquerie historique, « Barcelone a toujours été une ville taurine », reste lié à l’emploi volontairement unique de la langue castillane. Or, la corrida a constitué en Catalogne du Sud un indéniable produit dérivé du système totalitaire franquiste. Si les activités taurines y pré-existaient avant l’avènement de la corrida, tout comme dans les Pyrénées-Orientales, l’association persistante entre la langue autrefois imposée par le régime, et l’activité visée, reste troublante. De la sorte, une institution française s’est engagée envers une Catalogne du Sud résiduelle, le socialisme taurin s’avérant compatible avec un groupe nostalgique, décrié par les socialistes catalans du Sud.

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