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L’année 2011 est celle des transports en Pays Catalan, suite à l’extension de Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération (PMCA), qui entraîne celle de la desserte de ses bus. La Compagnie des Transports Perpignan Méditerranée (CTPM) remplace en effet depuis le 1er janvier, sur 10 nouvelles communes, les lignes de « Bus à 1 euro » du Conseil Général des Pyrénées-Orientales. Tandis que chacune des deux institutions s’affiche sur ses véhicules de transport en commun, la nouvelle gare routière départementale, attenante à la nouvelle gare TGV, est inaugurée ce lundi 24 janvier en présence d’Hermeline Malherbe, Présidente du Conseil Général. Les départs et arrivées des bus de voyageurs s’effectuent désormais depuis ce secteur, situé boulevard Saint-Assiscle, selon des horaires partiellement modifiés, désormais consultables par le public. Parallèlement, les 29 lignes gérées par l’Agglomération font l’objet d’un appel d’offre d’exploitation du service, qui a concerné 9 millions de voyageurs en 2010 et en servira 14 millions en 2014. A ce jour, la parisienne RATP, l’opérateur Keolis, et la société Veolia sont candidates à assumer ce rôle, dès septembre 2011, pour une délégation valable jusqu’en 2019.

Cependant, la concertation entre les deux collectivités territoriales n’est pas paisible. Ce samedi, l’ancien président du Conseil Général, Christian Bourquin, se félicitait d’une décision prise jeudi par la Cour administrative d’appel de Marseille, qui a statué sur un litige opposant PMCA et le Conseil Général depuis 2004, au sujet des zones de service. L’actuel président de la Région Languedoc-Roussillon, prochainement réintégré au Parti Socialiste, a ouvertement visé la Préfecture des Pyrénées-Orientales, signataire de plusieurs arrêtés relatifs à la multiplication des lignes de la CTPM, « des communes vers Perpignan », suite à leur intégration à l’Agglomération. De son avis, cette évolution est le fruit d’un « jugement erroné des préfets successifs », qu’il juge accointés à l’UMP, selon lesquels le Conseil Général devait financer ces lignes « devenues urbaines ». La participation financière entre les deux institutions importune M. Bourquin, qui a salué une « victoire sur Jean-Paul Alduy », le président UMP de l’Agglomération, selon un étrange schéma de rivalité. En 2008, le tribunal administratif de Montpellier avait confirmé les arrêtés, mais la cour provençale stipule désormais l’inverse, qui suppose un transfert de 26 millions d’euros, de l’Agglomération vers le Conseil Général. M. Bourquin, opposé à la réforme de l’Etat, qui induit la montée en puissance des agglomérations face aux départements, se verrait affecter ce pactole au financement de futurs collèges, en premier lieu celui de sa propre ville de Millas.

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