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Les marches silencieuses de dimanche 11 janvier ont ouvert la réflexion en Pays Catalan dès les heures qui ont suivi. L’association politique l’Olivier décrivait avec les mots de la rue la foule bariolée présente dans le cortège de Perpignan : « jeunes, vieux, commerçants, chômeurs, noirs, juifs, cathos, franc-macs, artisans, vignerons, fonctionnaires, pro et anti « Mariage pour tous », agnostiques et athées, musulmans, joueurs de rugby ou de boules, chasseurs et écolos, retraités et petits-enfants ». Son président, Bruno Delmas, s’interrogeait sur la suite en observant que les « menaces intérieures » sont « bien souvent les pires ». Il soulignait, en citant l’Abbé Pierre et Coluche, que « la vraie solidarité ne s’institutionnalise pas » avant d’inviter à respecter les « croyances de l’autre ». Evoquant une République « désuète que dans nos têtes », Bruno Delmas réprouvait le « communautarisme » et les campagnes électorales où l’on « promet des emplois publics à des chefs de clans ou des groupes organisés ». Dans la droite ligne d’un projet politique fondé sur le réel, il défendait une révolution des méthodes : « la politique ne doit plus être une affaire de danseurs de salon ».

Le député PS Jacques Cresta prône humilité et dialogue

Dans un communiqué titré, ponctué et terminé par « merci », le député et secrétaire de la fédération du Parti Socialiste des Pyrénées-Orientales, Jacques Cresta, évoque la marche perpignanaise comme un « recueillement laïc », la « plus belle des réponses à ce que nous venons de vivre ». Il estime que la moblisation prend corps « quand la République et ses valeurs Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité sont en danger ». Le parlementaire reconnaît que les événements et le rassemblement oublige les acteurs politiques à « être plus humbles, plus proches des gens, à placer les enjeux du pays au-dessus de toute contingence politico-politicienne ».

Le Front de Gauche appelle au débat

Le secrétaire fédéral du Parti Communiste dans les Pyrénées-Orientales, Nicolas Garcia, observe dans une tribune au nom du Front de Gauche que l’immense cortège de Perpignan a rassemblé de « citoyens sans signes distinctifs politiques, syndicaux ou associatifs ». Il dit aussi « merci » aux participants et salue leur attachement aux fondements de la République française et au triptyque « liberté, égalité, fraternité », auquel il ajoute « laïcité, démocratie ». Il soutient le besoin d’assurer la sécurité en donnant « tous les moyens aux forces de l’ordre, de justice et pénitentiaires » et appelle des « solutions nationales et internationales immédiates éradiquant les causes sur lesquelles prospèrent tous les fanatismes, intégrismes, nationalismes, toutes idéologies qui diffusent la haine, l’exclusion, l’intolérance, l’injustice ». Nicolas Garcia estime que le message silencieux de la foule est celui de l’ouverture d’un débat, en France et en Europe, entre les institutions politiques et la presse.

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